Bruxelles

Sur les rails. La société de transport flamande, De Lijn, joue ouvertement la carte du tram, tout en désirant relier plus directement la Flandre à Bruxelles. Nom code de l’opération : "vertramming". Selon le directeur-général de De Lijn, Roger Kesteloot, le tram dispose ainsi de pas mal d’avantages par rapport au bus. Il s’en est expliqué récemment à nos confrères du "Morgen". "La capacité d’un tram est beaucoup plus intéressante. Le rail inspire aussi plus confiance que le bus. Les études montrent, par exemple, qu’un tram attire 25 % de plus d’utilisateurs potentiels qu’un bus à trajet et capacité égaux. Enfin, le tram est plus écologique."

Ancien journaliste, Roger Kesteloot estime que le trajet "domicile-travail" doit être plus que jamais la priorité de De Lijn. Le "marché" est énorme autour de Bruxelles : chaque jour 240 000 personnes provenant de Flandre viennent travailler dans la capitale. De Lijn espère attirer une bonne partie de ses navetteurs dans ses nouveaux trams. "La vitesse est le principal argument avec lequel nous devons attirer nos futurs clients. Nous devons au moins être aussi rapides que la voiture", reprend celui qui est aux rênes de la société flamande depuis 2009.

Selon lui, ce retour aux trams est une "nouveauté" dans la politique des transports autour de Bruxelles. "Pendant des dizaines d’années, on a démantelé les voies de tram. Sur l’ensemble de la province du Brabant flamand, on ne compte ainsi aujourd’hui plus aucune ligne". Dans ses projets, De Lijn prévoit donc trois nouvelles voies (depuis Heist-op-den-Berg, Boom et Ninove) qui pourraient être reliés directement au réseau bruxellois. "Nous étudions aussi la possibilité d’une ligne autour de Bruxelles entre Tervuren, Vilvorde, Zaventem et Jette."

Roger Kesteloot insiste. Le projet de De Lijn est, selon lui, "complémentaire" à celui du RER. "A plus long terme (2020-2030), nous étudions aussi la possibilité d’une ligne de tram régionale reliant Louvain à Bruxelles en passant par Tervuren."

Côté bruxellois, Brigitte Grouwels (CD&V), ministre en charge des Transports se félicite de cette nouvelle. "Mais pour développer des nouvelles lignes de trams transrégionales, une bonne concertation entre les deux régions est nécessaire, précise-t-elle. Les nouvelles lignes de tram de De Lijn devront s’intégrer dans le réseau existant, ce qui nécessitera une réflexion importante en termes de choix de tracés, conditions d’exploitation, systèmes de sécurité, choix du matériel, fréquences des lignes, dépôts et terminus, etc."

La concertation ? Sans doute le mot-clé conditionnant la réussite du projet. Petit rappel, pour l’heure, aucun tram De Lijn ne roule sur le territoire bruxellois et seul le tram 44 de la Stib s’aventure, quelque peu, en territoire flamand (Tervuren). L’histoire rappelle que ces tentatives de tram "transrégionaux" n’ont jamais été faciles. On se souviendra, par exemple, de la soudaine suppression du tram 58 de la Stib (remplacé par un bus) reliant Bruxelles à Vilvorde, au début des années nonante. D’aucuns estimant que cet arrêt de ligne avait été motivé par des raisons purement communautaires. Les esprits ont-ils évolué depuis ? Réponse dans quelques années