Bruxelles

Carrés rouges, t-shirt rouges, drapeaux rouges flottant aux côtés des bleus à la fleur de Lys, il y avait comme un air de Printemps érable hier après-midi sur la place du Luxembourg.

Réunis à l’appel de la Coordination de solidarité avec la lutte des étudiants québécois et des principales organisations étudiantes belges (FEF, UNECOF,...), quelque 250 personnes se sont rassemblées devant le Parlement européen pour marquer leur soutien au mouvement étudiant qui bat le pavé de Montréal depuis près de quatre mois. Un mouvement d’une ampleur sans précédent dans la Belle Province, qui a débuté à la suite de la décision du gouvernement du Premier ministre Jean Charest d’augmenter le coût des études universitaires.

En mars dernier, une dizaine d’étudiants québécois des universités belges se contactent via les réseaux sociaux pour tenter de mettre en place un comité de soutien à Bruxelles. "Très vite, on a trouvé une cinquantaine de personnes qui ont amené tous leurs réseaux avec eux", raconte Marie-Eve Bélanger, l’une des organisatrices de la manifestation. "Nous avons alors contacté les organisations étudiantes belges qui ont immédiatement accepté de nous soutenir."

Le 27 mars, une première manifestation a lieu à Bruxelles. Le Manneken Pis est photographié avec le carré rouge, symbole des manifestants dans les rues de Montréal et la photo est diffusée le lendemain dans plusieurs journaux québécois. Là-bas, le mouvement ne fait que s’amplifier, jusqu’à l’adoption il y a 15 jours de la fameuse "Loi 78" qui restreint considérablement le droit de manifester et qui a mis le feu aux poudres, amenant de nombreux citoyens à se joindre aux étudiants. "C’est très important pour un mouvement étudiant de se sentir soutenu à l’étranger", explique Michael Verbauwhede , président de la Fédération des étudiants francophones (FEF). "Même si ce soutien est davantage symbolique, nous sommes tous concernés par la révolte des étudiants québécois parce qu’il pourrait arriver la même chose chez nous."

Pour la FEF, le désinvestissement des pouvoirs publics dans l’éducation est un combat qui dépasse largement les frontières du Québec. "En Belgique aussi nous nous battons pour maintenir un enseignement de qualité et accessible à tous." Et de pointer du doigt le problème des prêts, et de l’endettement étudiant, très répandu Outre-Atlantique, que certains groupes de réflexion voudraient, dit-il, vouloir voir implanter chez nous.

Après les discours et les slogans fustigeant Jean Charest et la Loi 78, les Bruxellois ont tambouriné des centaines de casseroles comme le font les manifestants québécois depuis quelques jours. "Il faut qu’on nous entende jusqu’à Montréal", crie l’un d’entre eux.

La foule s’est dispersée vers 18h, non sans avoir posé ensemble pour la photo en formant un grand carré rouge. Chacun est ensuite reparti avec sa carte postale représentant le Manneken-Pis, avec un masque à gaz cette fois. Le Premier ministre québécois devrait les recevoir prochainement dans sa boîte aux lettres.