Bruxelles

Sympa mais pas «branché». Cette épithète, les organisateurs Ecolo de la prochaine soirée Vert Pop au Bozar le réfutent d'emblée. C'est d'abord pour la musique et ceux qui aiment la fête qu'ils ont décidé d'investir les lieux. «Et pas pour passer des messages», renforce Henri Simons, échevin de la Culture et de l'Urbanisme à la Ville de Bruxelles. «Encore moins pour distribuer des tracts», ajoute Frédéric Fontaine, organisateur de la soirée.

Pas de prise de position politique à attendre à Vert Pop. Il y aura bien quelques secrétaires fédéraux mais ils ne feront que passer. Car c'est d'abord l'amour de la musique électronique que l'on revendique. D'ailleurs, Vert Pop «n'est pas autre chose depuis trois ans que l'initiative de passionnés de musique, eux mêmes musiciens», poursuit Henri Simons, à commencer par lui-même.

Au programme de cette soirée Vert Pop? Des pointures, incontournables ou moins connues. Vert Pop alignera ainsi Peter Hook de New Order, légendaire ex-Joy Division, l'éternel Tom Barman de Deus ainsi que plusieurs labels mi-bruxellois mi-étrangers, entre Nena's Polla Live (Mingapop), DJ Ping & Pong (Turntables addicts) et Marcellus Wallace & Kaliba (Grimelock), sans oublier la performance danse de Valeria Garré. Que du bon a priori et pas mal de dance-floor.

Florence Atlas, du magazine Outsoon, le confirme. Elle recommande la soirée mais s'interroge quand même «sur cette nouvelle tendance à mêler fête électro et politique». Car entre la Fête du Progrès du PS le 28 avril dernier au Botanique (LLB du 25/04/2006), les Fêtes de la Liberté du MR au Mirano le 26 mai et cette nouvelle édition de Vert Pop, les clubbers sont de plus en plus courtisés, au risque de ne plus savoir pour qui ils dansent... «Les gens s'en fichent de toutes façons», dit Florence Atlas. «Ils viennent pour la programmation, pas pour les idées politiques. Et ce serait les prendre pour des imbéciles que de penser le contraire».

Autre certitude: «c'est tout bénéfice pour la musique électronique, qui se porte d'ailleurs déjà très bien à Bruxelles et n'a pas besoin de fêtes politiques pour la faire vivre».

A Namur, au secrétariat fédéral d'Ecolo, on ne s'est jamais fait d'illusions non plus. Bien sûr, «l'objectif de toute manifestation est de rendre le parti sympa et proche des gens, mais on sait que les comportements électoraux ne changent pas comme ça», dit Thierry Meunier de la cellule animation d'Ecolo.

D'ailleurs, Ecolo n'a pas forcément besoin de faire du pied aux jeunes urbains. Il draine déjà sur Bruxelles un électorat actif et instruit, âgé de 30 à 45 ans en moyenne, même si «les plus jeunes y sont encore peu sensibles», ajoute Henri Simons. «Mais on n'est pas là pour faire de la récupération ou de l'endoctrinement; on a déjà prouvé par le passé qu'Ecolo souhaitait faire bouger Bruxelles et doper sa vie culturelle», note Frédéric Fontaine, citant l'exemple des Nuits blanches ou de la Fête de la Musique. «Et Vert Pop ne doit surtout pas être vu comme un outil de campagne», poursuit-il.

Ce qui compte pour les organisateurs Ecolo? «Innover et prendre du plaisir» en investissant à chaque fois de nouveaux lieux avec une programmation exigeante, «ce qui n'est pas le cas de tous les partis», ironise Henri Simons.

Et s'il doit y avoir in fine une retombée pour Ecolo, conclut Frédéric Fontaine, ce seront «les seuls commentaires des gens sur une soirée sympa, en phase avec la modernité»...

Vert Pop le 17 juin au Bozar. Prix: 8 euros.

Web www. vertpop.be

© La Libre Belgique 2006