Bruxelles En piteux état, le réseau d’égouttage doit d’urgence être rénové sous peine de connaître d’autres effondrements.

Après la crise des tunnels, est-on sur le point de connaître un scénario similaire pour le réseau d’égouttage et de canalisations ? C’est ce vers quoi on semble se dirige au regard des nombreux tronçons de voiries qui se sont effondrés en Région bruxelloise ces dernières semaines. Un constat inquiétant qui s’explique par un réseau d’égouttage et de canalisations vétuste et qui nécessite une rénovation urgente.

"Un quart du réseau d’égouttage doit être rénové en Région bruxelloise, ce qui demande des investissements importants. Le problème est que l’on ne peut pas procéder à la rénovation en souterrain d’un seul coup car cela engendrerait d’importants problèmes de mobilité", explique Marie-Eve Deltenre, porte-parole de Vivaqua, le gestionnaire du réseau de distribution d’eau dans la capitale.

Résultat : d’autres effondrements de voiries dans la capitale sont assurément à craindre. "D’autres effondrements pourraient avoir lieu. C’est l’un des risques. Les rénovations d’égouts ont déjà commencé depuis 2010 à raison de 20 km d’égouts par an. Mais il faut au total rénover 500 km d’ici 2030", précise Marie-Eve Deltenre.

Vieux d’une centaine d’années, le réseau d’égouttage devait historiquement être entretenu par les communes. Mais celles-ci n’ont que peu- voire pas du tout - investi, et ont confié la gestion de l’entretien à Vivaqua. "Face au coût élevé des rénovations, les 19 communes ont, depuis 2010, chargé Vivaqua de procéder à ces rénovations", ajoute Marie-Eve Deltenre.

Le coût de rénovation s’élève à 1,5 milliard et sera assumé par le contribuable. "Une directive européenne précise qu’il faut appliquer le coût vérité. Donc tous les frais nécessaires à la production, la distribution et l’épuration des eaux doivent être pris en charge par le consommateur. Le montant devrait se répercutera donc à l’avenir sur sa facture d’eau", commente Marie-Eve Deltenre, qui précise qu’une rénovation préventive du réseau d’égouttage aurait coûté "3 à 10 fois moins cher que la rénovation d’urgence."

Depuis le début de cette année, des effondrements spectaculaires ont eu lieu dans la rue du Cornet à Etterbeek, rue du Cardinal Mercier et rue Stevin à Bruxelles-Ville, avenue Roosevelt à Ixelles et chaussée de Louvain à Saint-Josse ce jeudi. Dans le cas de la rue du Cornet, il s’agissait par exemple d’un phénomène classique de fuite d’eau qui a liquéfié une partie du sol, entraînant dès lors l’effondrement de chaussée . "Mais il ne faut pas tout confondre ! Les effondrements de voiries sont le plus souvent liés au problème d’égouttage, mais ça peut aussi être le cas suite à une fuite sur le réseau de distribution, comme dans le cas de l’effondrement de la chaussée de Louvain. Concernant la rénovation des canalisations d’eau, l’investissement est estimé à 20 millions d’euros par an", conclut Marie-Eve Deltenre.


Le réseau Stib et SNCB impactés
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Le trafic des trains et de la Stib sera perturbé pendant plusieurs jours.

La canalisation qui a cédé hier matin a provoqué de nombreux dommages sur les rails de chemin de fer qui passaient à proximité. La pression de l’eau a emporté de la boue sur les voies reliant Bruxelles-Nord et Bruxelles Schuman. "Il y a environ 50 centimètres d’eau sur les voies. Les installations électriques sont endommagées et il faut vérifier que les câbles qui alimentent la signalisation ne sont pas impactés", explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel.

Le service ferroviaire devra être interrompu sur ce tronçon et les trains seront déviés entre Bruxelles-midi et Namur, ce qui engendrera des retards de 20 à 30 minutes. La structure du tunnel ne serait pas endommagée. Les clients de la SNCB peuvent emprunter le réseau de la Stib sur présentation de leur titre de transport.

Au niveau de la Stib, des perturbations sont aussi à prévoir. La ligne de bus 29 a été déviée entre les arrêts Gutenberg et Radium. "Les bus passent donc par le square Ambiorix pour contourner la chaussée de Louvain. Ils reprennent ensuite leur itinéraire normal", a commenté Françoise Ledune, porte-parole de la Stib.