Bruxelles

Trente-six personnes, dont 20 mineurs d'âge, ont été arrêtées judiciairement dans le cadre des incidents survenus à Bruxelles les 11, 15 et 25 novembre derniers, a indiqué jeudi lors d'une conférence de presse le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles, Michel Goovaerts. L'enquête se poursuit, 35 autres suspects devant encore être identifiés, a précisé le procureur du Roi de Bruxelles, Jean-Marc Meilleur. Trente-sept arrestations judiciaires ont eu lieu, mais une personne a été arrêtée deux fois, a précisé M. Goovaerts. Parmi ces 36 suspects, 20 doivent encore être entendus.

Certains ont déjà comparu devant la justice. Le tribunal correctionnel rendra d'ailleurs des décisions vendredi au sujet de sept d'entre eux, dont le rappeur Benlabel, considéré comme l'instigateur des événements à la Bourse pour un message posté sur Facebook.

"D'aucuns ont dénoncé une absence de réponse policière face à ces incidents intolérables, mais aucune entité n'avait perçu le risque engendré par la qualification du Maroc pour la Coupe du Monde", a souligné le chef de corps. Comme après chaque intervention, une évaluation a été menée et le calendrier des matchs de football est désormais suivi de près, a assuré M. Goovaerts.

Au total, la police avait procédé à une septantaine d'arrestations administratives le 11 novembre à proximité de la Bourse, le 15 novembre à la suite du rendez-vous organisé par le Youtubeur Vargasss92 place de la Monnaie et le 25 novembre dans le quartier Louise, à l'issue d'une manifestation dénonçant l'esclavage des migrants en Libye. L'enquête n'a pas démontré de lien direct entre ces différents événements.

"Nous ne minimisons pas les faits. Les règles du vivre ensemble ont été bafouées", a ajouté le chef de corps.

La task force mise en place dès le 12 novembre pour identifier les suspects a analysé 600 gigabytes d'images et a mobilisé jusqu'à 30 enquêteurs, a-t-il poursuivi.

Dans la foulée des faits, 266 particuliers ont pris contact avec la police, que ce soit pour donner des informations ou témoigner de leur soutien aux forces de l'ordre. Ces informations ont permis d'identifier huit suspects sur neuf signalés.

La plupart des arrestations judiciaires sont relatives aux faits survenus à la Bourse (18, dont six mineurs) et à la place de la Monnaie (12, dont un majeur). Sur les sept arrestations survenues dans le quartier Louise, trois concernaient des mineurs. Parmi ces 20 suspects de moins de 18 ans, 16 ont été mis à disposition du tribunal de la jeunesse et "un tiers" d'entre eux a été placé en institution fermée, a précisé M. Meilleur. Deux relèvent d'un autre parquet que celui de Bruxelles, un est encore suivi par le parquet de la jeunesse et un a été libéré après audition avec un "avertissement sévère".

Du côté des 16 adultes, 10 ont été cités à comparaître devant le tribunal correctionnel, trois font encore l'objet d'une instruction, deux d'une information et un a vu son dossier classé sans suite après audition.

Les trois événements ont donné lieu à des faits constitutifs de rébellion et de dégradations volontaires de biens mobiliers. Pour les deux premiers, des charges de vol avec violence ont aussi été notamment retenues, tandis que les auteurs des faits à Louise sont également poursuivis pour des coups et blessures.