Bruxelles Des pavés de mémoire seront installés dans plusieurs communes ce 4 février.

A l’initiative de l’Association pour la mémoire de la Shoah, dix-huit nouveaux pavés de mémoire seront posés ce samedi 4 février en Belgique, ce qui portera à 190 leur nombre réparti dans les trois régions du pays. Gunter Demnig, l’artiste conceptuel allemand qui a imaginé ces "Stolpersteine", fera le déplacement afin de procéder à leur installation. Aujourd’hui quelque 56000 pavés de mémoire rappelant le nom et le destin d’autant de victimes du nazisme ont été posés en Allemagne, Autriche, Hongrie, Pays-Bas, Italie et en Belgique, près des maisons où elles vivaient avant leur arrestation et souvent leur exécution.

Ni à Anvers, ni à Munich…

Triste particularité commune à Anvers et à Munich : ces villes refusent toujours que les crimes nazis soient ainsi évoqués. Ce ne sera pas le cas de Gand où un premier pavé de mémoire sera posé ce samedi. Et bien entendu dans la région bruxelloise qui en accueillera de nouveaux dans quatre des dix-neuf communes.

Heureuse évolution : comme en Allemagne, chez nous aussi des communes ou des mouvements citoyens s’investissent de plus en plus pour promouvoir des pavés. Mentionnons ainsi la commune de Watermael-Boitsfort qui honorera la mémoire de Guersch Koutchouk, en présence du bourgmestre Olivier Deleuze.

Une heureuse extension

Autre évolution : le projet mémoriel européen des "Stolpersteine" ne se limite pas aux victimes des persécutions raciales et vise à honorer toutes les victimes du nazisme.

Ainsi, à Schaerbeek, c’est le nom d’Elise Aubanel, résistante déportée à Ravensbrück où elle a été assassinée, qui sera présenté à la réflexion des passants.

A Ixelles, c’est également un résistant politique qui sera honoré : Yvan Germain Poukens qui appartenait au réseau Beaver-Baton. Arrêté à 19 ans, il a passé un an à la prison de Saint-Gilles avant d’être déporté en Allemagne et de passer par plusieurs camps de concentration. Sa fille, Thérèse Jacobs-Poukens, qui avait remarqué qu’on avait rendu hommage à Adela Korn devant la maison du 1 de la rue Hottat où avait également été arrêté son père, a pris contact avec les descendants juifs de Mme Korn afin que la mémoire de l’héroïsme de son père soit mentionnée au coté de celle de la victime des persécutions raciales.Christian Laporte

Renseignements : www.restitution.be