Bruxelles Conséquence d'un hiver particulièrement rude à travers une grande partie de l'hémisphère nord, les nids de poule se sont multipliés sur les routes touchées par le gel. Pour alerter les politiques, un mouvement a (re)vu le jour sur les réseaux sociaux.

Dangereux, spécialement pour les motards, et coûteux en cas de dégâts, les nids de poule font partie des hantises des usagers de la route. En cette période de dégel, nos routes en sont criblées et les autorités usent de diverses solutions, de fortune parfois, pour minimiser leur impact sur la sécurité routière. Des actions jugées insuffisantes par certains.

Exaspérés de ces routes aux apparences d'emmental, des usagers ont en effet décidé de solutionner le problème d'une manière originale et esthétique. A l'image d'Anton Schuurmans, un Bruxellois militant pour le CD&V, qui a posté sur son compte Twitter une vidéo où on le voit planter des fleurs dans quelques uns des nombreux nids de poule criblant les artères de la capitale.

"Je voulais dénoncer d'une manière positive et ludique le mauvais état des rues, pistes cyclables et trottoirs de Bruxelles" explique M. Schuurmans, contacté par LaLibre.be. "Les politiciens dégagent des millions pour de grands projets comme le musée Citroën [ndlr. qui accueillera le fondation KANAL], mais il semble manquer d'argent pour la réparation des routes supposé améliorer la confort quotidien des Bruxellois."

L'idée n'est néanmoins pas neuve. Si l'on attribue à la Belgique, et plus particulièrement à la Wallonie, le statut, peu enviable, de région aux routes les plus mal entretenues, le phénomène dépasse nos frontières. C'est ainsi qu'en 2014 déjà des citoyens s'étaient mués en jardiniers urbains pour offrir un nouveau visage aux cavités des rues.

Du Canada aux Etats-Unis, le phénomène avait connu un relatif succès. Pour ceux qui empruntent les routes parsemées de ces fleurs, il s'agit en tout cas d'un moyen visuel assez efficace pour repérer les nids de poule, et par conséquent les éviter. Les autorités, new-yorkaises, notamment, s'étaient néanmoins alarmées des agissements de ces citoyens, en raison de la dangerosité de se tenir sur la chaussée au milieu de la circulation.

"J'ajuste à chaque fois le type de fleurs au trou" se défend Anton Schuurmans. "Par exemple je ne place pas de fleurs trop hautes dans les rues pour ne pas effrayer les automobilistes, et je ne plante jamais au milieu d'une piste cyclable."

Et de conclure sur la dangerosité tout aussi grande de laisser béants les nids de poule. "D'une personne âgée qui se tord la cheville sur un trottoir à un cycliste chutant à cause d'un trou profond, je ne compte pas le nombre de personnes blessés l'année dernière à cause du mauvais état des infrastructures."