Bruxelles Le Musée de la rue de Laeken accueille une intéressante double exposition qui le met en exergue.

En cette année d’anniversaire de la franc-maçonnerie - on s’accorde à reconnaître qu’elle est née à Londres en 1717 - le Musée belge de la franc-maçonnerie a pris l’heureuse initiative de monter une exposition sur la place des femmes dans l’Art royal. De manière très didactique et avec l’appui de nombreux partenaires, en ce inclus le KADOC, le centre d’archives catholiques flamand sis à la KU Leuven… - c’est une intéressante mise en perspective qui amène à nuancer certains préjugés ou clichés. Et il montre que le combat pour l’égalité des sexes a décidément touché tous les milieux.

Jusqu’au 14 avril 2018, le musée de la rue de Laeken montre que les "filles d’Eve" ont, ici aussi, dû se battre pour être reconnues. En même temps, à travers divers documents et objets, l’exposition montre une certaine spécificité féminine. Et pour jeter un pont vers le présent, la partie historique se double d’une seconde exposition de photos de maçonnes bien intégrées dans la société.

"L’accession des femmes en Maçonnerie est le résultat d’un long cheminement", explique Laetitia Carlier, la conservatrice du Musée et commissaire de la présente exposition. "Il est lié à l’évolution de la société : au développement de mouvements féministes, aux batailles menées pour l’égalité des droits et la reconnaissance civile des femmes, etc. La femme a dû attendre longtemps que la société l’accepte comme personne à part entière dans la vie active et avant que la maçonnerie ne s’ouvre à elle et lui laisse la possibilité de trouver sa place au sein de cette communauté de pensée. Que ce soit par le biais d’une franc-maçonnerie mixte ou uniquement féminine - choix fait selon la sensibilité et les attentes de chacune - la femme en maçonnerie est une histoire récente, mais néanmoins en pleine expansion. C’est ce que nous souhaitons démontrer grâce à une scénographie articulée selon deux axes : la présentation historique retraçant l’évolution de l’accès des femmes aux loges avec un éclairage particulier posé sur notre pays et ses particularismes et une série de portraits en noir et blanc de femmes maçons posant devant un arrière-plan choisi par chacune d’entre elles. Le pont est ainsi dressé entre le passé et le présent…" Le résultat vaut le détour. Si on admet qu’il y a dû y avoir des loges mixtes dès les débuts, on y fait la connaissance de Lady Aldworth, toute première femme à avoir été initiée parce qu’elle avait surpris une cérémonie dans la maison familiale… On entre alors dans l’évolution lente mais irréversible de l’ouverture aux femmes par la mixité et par la création de loges féminines. Une plongée qui mène aussi aux grands combats sociétaux, politiques et autres, pour l’égalité…Christian Laporte

-> Renseignements : www.mbfm.be