Bruxelles "J e tombe un peu des nues !" En quatre mots secs et limpides, Mohamed Azzouzi (PS), l’échevin de la Jeunesse, de l’Action sociale, de la Famille et de la Culture, a tôt fait de commenter une plainte dont il fait l’objet depuis quelques jours.

L’attaque, pourtant, ne vient pas de nulle part; ni de n’importe qui. Bien qu’en maladie depuis près de trois mois, la responsable du service Jeunesse a en effet introduit une plainte pour harcèlement moral (!) auprès d’Arista, le Service externe pour la prévention et la protection au travail.

Un coup dans l’eau pour saper l’autoritarisme, voire les emportements du mandataire ? "Ça ne m’étonne pas !", claironne-t-on, ça et là, au 12 avenue de l’Astronomie, à propos de la cible. "Il est infect; traite les gens comme des chiens."

Un autre clan, plutôt pro-Azzouzi, contrerait cette perception de "gestion désastreuse des ressources humaines" : "On a engagé des gens sans recrutement (sous-entendu : sous l’ère Demannez, NdlR). Chaque échevin pourrait se retrouver avec 10 ou 20 plaintes contre lui..." De ce côté-là, les interlocuteurs font largement état de difficultés monstres du collège à se faire entendre de l’administration. Cette dernière "dysfonctionne complètement", expliquent diverses sources.

Des exemples de ce que d’aucuns qualifient d’"harcèlement administratif", subi par l’exécutif d’Emir Kir (PS) ? L’interdiction faite au collège d’aller dans les bureaux; des courriers qui ne se rédigent qu’après des semaines; des oppositions explicites à des projets (comme la Zinneke Parade, entre autres), etc. "Tous les échevins se plaignent de ces lenteurs dans le traitement des dossiers."

Cet "héritage du passé", parions qu’il formera la ligne de défense de Mohamed Azzouzi, lequel s’abstient de s’épancher sur le litige ou sur son émettrice. Sauf à se jurer "serein".

Entre un souci de transparence - une volonté, raconte-t-on, de changer les choses - du nouveau patron de la Jeunesse et son prédécesseur, Mohammed Jabour (PS, passé aux Espaces verts, au Développement durable et à la Propreté publique), les observateurs sentent que le torchon brûle. Pourtant, ces deux-là sont censés bosser ensemble, sous l’égide d’un Emir Kir qui, à son tour, affiche un silence de circonstances.

Les semaines à venir mettront en exergue les éventuelles répercussions de ce (rare) pavé dans la mare. Mais à la place de la plaintive et de ce que des sources voient comme un burn out, on se ferait du souci. "Elle s’est complètement désolidarisée", confient plusieurs langues, en interne. A raison ?Guy Bernard