Bruxelles La dérogation permettant aux ministres de rouler avec des voitures diesel devrait bientôt être abrogée.

Avoir une voiture d’un certain standing pour faire honneur à la fonction qu’ils occupent ne pose pas de problème pourvu que ce soit pour un coût raisonnable. Mais pourquoi ces véhicules devraient-ils nécessairement rouler au diesel ? Il existe sur le marché de nombreux véhicules ayant un certain standing roulant à l’essence ou à l’électrique. L’exception pour les voitures des ministres de ne plus utiliser de motorisation diesel ne nous paraît ni pertinente, ni juste, ni raisonnable, ni cohérente pour mettre en place ce régime dérogatoire", insiste la députée bruxelloise Anne-Charlotte d’Ursel (MR), qui souhaite mettre fin à la dérogation autorisant actuellement les ministres bruxellois de rouler avec des voitures de fonction fonctionnant au diesel, alors que le reste du parc automobile des institutions régionales n’en ont plus le droit depuis mai 2014.

Un vœu qui devrait prochainement devenir réalité, la majorité des partis bruxellois ayant accepté de soutenir la demande en ce sens des députés MR Anne-Charlotte d’Ursel, Jacques Brotchi, Willem Draps et Abdallah Kanfaoui. D’un point de vue pratique, la proposition d’ordonnance des libéraux se transforme en une proposition de résolution qui sera discutée, dans deux semaines, en séance plénière du Parlement. Une résolution qui a valeur de recommandation émise par l’assemblée au gouvernement bruxellois et à laquelle celui-ci devrait répondre favorablement.

Le Cobrace prévoit la fin du diesel

Le Code Bruxellois de l’Air, du Climat et de la maîtrise de l’Energie (Cobrace), que le gouvernement bruxellois précédent a mis en place, prévoit de mettre un terme à l’utilisation par les pouvoirs publics régionaux et locaux de véhicules équipés d’un moteur diesel. Objectif : rendre exemplaires les flottes de véhicules dépendant des pouvoirs publics. Un arrêté instaure pourtant une exception : les voitures de fonction utilisées par les ministres bruxellois.

Le MR, qui trouve que l’exception ne se justifie pas, devrait donc bientôt obtenir gain de cause. Le SP.A, parti membre de la majorité régionale, mais dans l’opposition lors de la précédente législature, s’en est réjoui également, jugeant inacceptable l’actuelle dérogation. "Je m’étonne quand même que cette mesure ait été approuvée, alors que trois membres du gouvernement étaient écologistes à l’époque (NdlR : Christos Doulkeridis, Bruno De Lille et Evelyne Huytebroeck)", a indiqué le chef de groupe Au Parlement Jef Van Damme.

De son côté, Evelyne Huytebroeck, désormais redevenue députée bruxelloise, a réagi en expliquant que cette dérogation avait finalement vu le jour sur l’insistance d’anciens collègues au gouvernement. "Je me souviens notamment que Guy Vanhengel (NdlR : ministre Open VLD) tenait beaucoup à son 4x4", indique l’Ecolo. Le libéral flamand était injoignable vendredi pour un commentaire.