Bruxelles

L’émotion était palpable hier à l’Hôtel de Ville de Bruxelles où était rendu un vibrant hommage à la mémoire des 43 sans-abri décédés à Bruxelles au cours de l’année 2010. "On pense souvent que les SDF ne meurent qu’en hiver, mais c’est totalement faux : les décès se succèdent toute l’année, lance Bert De Bock, du collectif "Morts de la rue à Bruxelles". C’est donc douze mois sur douze qu’il faut se mobiliser pour les aider et pas uniquement dès qu’il gèle."

Un cerisier du Japon, témoin de l’hommage rendu à ces disparus, a été planté aux abords de la Gare Centrale. Voici déjà la septième fois que les autorités de Bruxelles-Ville organisent une cérémonie de ce type. "Il faut mettre un terme à l’indifférence", plaide Chantal Noël (CDH), l’échevine bruxelloise en charge des Cultes. "J’espère évidemment que l’on ne devra plus répéter dans le futur ce genre de cérémonie d’adieu".

Quarante-trois SDF (dont 36 hommes et 7 femmes) ont donc été retrouvés morts "en rue" en 2010. Le chiffre est en hausse : ils étaient 35 en 2009. "Pour être exact, tous n’ont pas succombé en rue, précise Bert De Bock. Certains sont, par exemple, décédés dans des centres d’accueil. Il faut savoir que la vie de sans-abri est morcelée et se partage entre vie en rue et logement à la sauvette." Le froid, mais également des cancers ou l’abus de boissons alcoolisées seraient les principales causes de décès des SDF à Bruxelles dont l’âge moyen d’espérance de vie ne dépasse pas 46 ans. "Beaucoup trop jeune", s’insurge M. De Bock qui exige des réformes "structurelles" plutôt que des actions "ponctuelles". "C’est bien beau de distribuer des couvertures pour les SDF en hiver, mais il y a vraiment autre chose à faire. Quand on sait qu’il faut plus de cinq ans à Bruxelles pour obtenir un logement social, on se pose des questions. D’autant que des milliers de logements sont aussi inoccupés dans la capitale. C’est choquant" .

Le Collectif "les morts de la rue" est une organisation qui travaille depuis sept ans avec les SDF. Il a été créé suite à la découverte en 2004 de deux sans-abri dans un tunnel désaffecté de la Stib. A l’époque, ils avaient été enterrés sans nom, sans personne et "sans mémoire". "On veut absolument éviter que de tels évènements se reproduisent. Chaque être humain, qu’il vive dans la rue ou pas, mérite de partir dignement", conclut Bert De Bock. Nos moyens sont simples, mais nous essayons humblement, via un texte, une photo ou une petite cérémonie, d’organiser les funérailles de chaque SDF retrouvé sans vie. Car il n’y a pas pire que de mourir dans l’indifférence"

Contact : straatdoden.mortsdelarue.bxl@hotmail.com