Interdiction de rassemblement décrété dans un quartier de Molenbeek
Dans les semaines à venir, une interdiction de rassemblement sera instaurée entre 21h et 5h du matin aux abords de Beekkant.
- Publié le 01-03-2017 à 06h28
- Mis à jour le 01-03-2017 à 08h30

Dans les semaines à venir, une interdiction de rassemblement sera instaurée entre 21h et 5h du matin aux abords de Beekkant. Les rassemblements de plus de trois personnes entre 21h et 5h du matin seront prochainement interdits pour une durée de trois mois dans les environs immédiats de la station de métro Beekkant, à Molenbeek. Une mesure d'exception loin d'être anodine et prise mardi par la bourgmestre molenbeekoise Françoise Schepmans (MR), en concertation avec la Stib, la société de logements sociaux voisine et les acteurs du secteur de la prévention. Objectif : mettre un terme au climat d'insécurité causé par la présence permanente de groupes d'individus âgés de 15 à 25 ans, dont une grande partie n'habitent d'ailleurs pas le quartier.
Voilà de nombreux mois qu'un groupe de jeunes, mineurs et jeunes adultes, rend la vie difficile aux habitants du quartier, causant différents types de nuisances. "On a laissé un peu plus de deux mois aux travailleurs sociaux du quartier pour établir des projets avec les jeunes. La police fera désormais son travail pour lutter contre le deal, mais aussi la violence tant verbale que physique. Il y a beaucoup de violence verbale. Des animateurs iront en dehors du périmètre délimité pour organiser des projets pour les jeunes s'inscrivant dans une dynamique positive", explique Françoise Schepmans.
L'interdiction de rassemblement à Beekkant était réclamée depuis des mois par un collectif d'habitants du quartier, après qu'une première ordonnance de police a été prise en novembre dernier pour lutter contre la toxicomanie à Ribaucourt, un autre quartier de la commune. Du côté du Logement molenbeekois, qui gère de nombreux immeubles dans le quartier, on estime que la mise en place de cette sorte d'interdiction de rassemblement était devenue inévitable. "Je me suis beaucoup impliqué dans le dossier. J'ai senti que de nombreuses personnes du quartier étaient désormais au bord de la crise de nerfs", indique le conseiller communal Youssef Lakhloufi (Gic), administrateur-délégué de la société de logements sociaux.
Face à la décision de la commune, les membres du collectif d'habitants du quartier ne cachent pas leur soulagement. "C'est un vrai soulagement ! On n'en peut plus. J'ai entendu des choses très dures à notre égard, comme par exemple qu'on n'aimait pas les jeunes. C'est ridicule, on a tous des enfants. J'invite ces personnes à venir passer la nuit ici et on en reparlera !", insiste l'une d'entre eux. "Cela fait longtemps qu'on attendait cela", soupire un autre.
Du côté de l'entité, on précise que l'ensemble des habitants ne seront pas concernés, mais aussi que la station de métro et les arrêts de bus ne font pas partie du dispositif. Le périmètre choisi se trouve entre le boulevard Machtens, la rue Dubois-Thorn, la rue d'Osseghem et la place du Chant d'Alouette, indique la maïeure libérale.
Françoise Schepmans (MR): "Une décision prise avec tous les acteurs"
"C'est une décision prise en concertation avec tous les acteurs du secteur. Lors de la réunion de ce mardi, il y avait ainsi la Stib, la police, les services de prévention et le Logement molenbeekois. L'ordonnance de police ne résoudra pas tout à elle seule. La clé, c'est l'implication de tous les acteurs concernés. Cette interdiction a été prise pour répondre à la demande des habitants du quartier. La police sait très bien quels sont les individus et les groupes qui posent problème."
