Bruxelles Pour le CDH, la politique menée par la majorité consiste à penser que l’autorité publique n’est pas acteur du jeu.

Alors que les dernières maisons historiques de la rue du Prince Albert ont été rasées ce mercredi dans le cadre du projet de réaménagement du site Solvay, un certain malaise plane au sein du collège ixellois depuis que l’échevine libérale Nathalie Gilson s’est vu retirer la compétence de l’Urbanisme en début de semaine. En cause, selon Ecolo, l’affaire du Delhaize Molière. Pour rappel, l’avis négatif défavorable du collège pour le projet avait été rendu hors délai et donc réputé favorable.

Une goutte qui a fait déborder le vase "déjà bien rempli" selon la cheffe de groupe CDH Julie de Groote, siégeant dans l’opposition. "La politique d’urbanisme menée jusqu’ici par l’échevine et la majorité est de penser que l’autorité publique n’est pas acteur du jeu. Ils ont laissé faire une série d’opérations dommageables pour notre commune sous prétexte que le projet est privé. Ils n’interviennent que s’ils constatent des dérogations flagrantes au niveau urbanistique mais il n’y a aucun projet de ville", déplore l’humaniste.

Les riverains se sont mobilisés davantage

Un manque d’investissement communal qui pousse les riverains à se mobiliser davantage. "Le projet du Delhaize Molière a été stoppé grâce à la mobilisation des riverains car la commune n’est pas intervenue directement. Si on prend l’exemple du projet Ernotte, la commune n’a pas voulu non plus se prononcer. Elle a aussi laissé faire la destruction du site Solvay et du Quick Porte de Namur (contrairement à la Région qui avait d’abord remis un avis négatif, NdlR). Désormais, elle doit endosser la lourde responsabilité de ce qui a été fait", ajoute Julie de Groote.

Contactée par nos soins, Nathalie Gilson n’a pas souhaité répondre à nos demandes d’interviews. Cependant, la nouvelle échevine de l’Urbanisme Viviane Teitelbaum (MR) assure vouloir impliquer davantage la commune dans les futurs dossiers. "Je n’hésiterai pas à m’impliquer dans des petits et grands projets immobiliers privés quand cela s’avérera nécessaire. Mon approche s’inscrit dans le respect de l’histoire architecturale des bâtiments tout en inscrivant la commune dans une modernité. La promotion immobilière ne peut pas abîmer l’équilibre et le cadre de vie des Ixellois", conclut l’échevine.