Bruxelles

"Mon année 2009 a été épouvantable. Mes dossiers disparaissaient, mon bureau n’était jamais nettoyé, mes questions à Olivier Maingain qui était mon chef, restaient en suspens, je ne pouvais pas avancer dans mon travail. J’ai fini par faire une dépression nerveuse" , confie Sophie Flamand.

Cette ancienne employée de l’ASBL communale Pied de la Lettre a été licenciée quelques jours plus tard. Avec les indemnités de préavis d’un employé qui avait un an et demi d’ancienneté. "Alors que j’avais travaillé 18 ans pour la commune !", affirme-t-elle.

Le tribunal de travail de Bruxelles a tranché en sa faveur. La commune a été condamnée pour la partie concernant les indemnités de préavis. La partie concernant le licenciement abusif n’a pas abouti. "Le tribunal n’a pas pu me suivre puisque je n’ai pas pu respecter la procédure prévue en cas de harcèlement, étant en congé de maladie et ayant été licenciée durant ce congé", explique-t-elle.

Entre les indemnités de préavis, les intérêts, les frais d’avocats des deux parties et les frais de justice, la commune a versé une somme totale estimée à 100.000€.

Cette affaire, ignorée par beaucoup jusqu’à récemment, n’a pas manqué de faire réagir l’opposition MR : "Il y a deux choses qui me gênent dans ce dossier : le fait que l’administration communale ait violé le droit du travail et aussi que personne ne soit au courant. On a découvert cette histoire par hasard. Une grosse somme a été dépensée et il n’en a jamais été question au conseil communal.", déplore Henry de Harenne, conseiller communal MR.

Pas de quoi se révolter selon le bourgmestre Olivier Maingain (FDF) : "Madame Flamand a obtenu que le calcul de ses indemnités de préavis soient revues. Mais elle a perdu sur le licenciement abusif. La plainte pour le harcèlement n’a jamais abouti. La preuve que ces accusations sont erronées. D’ailleurs, elle n’a jamais fait appel",rappelle le bourgmestre.