Bruxelles

La grande faucheuse emporte des icônes ou des monuments culturels comme Jean d’Ormesson ou Johnny Hallyday mais elle est aussi intraitable et impitoyable avec celles et ceux qui voici 75 ans se sont battus pour la liberté et la démocratie.

Ce vendredi, au crematorium d’Uccle, les agents de renseignement et d’action rendront un ultime hommage à Jacques Jadoul, un des survivants et actuel président du Groupe G, mouvement de résistance né à l’ULB.

Fils de grand invalide de guerre

Agé de 14 ans au début de la Deuxième Guerre, ce fils de grand invalide de 14-18, élevé dans un esprit patriotique, se demanda comment être utile. Cela le mit en contact avec le Groupe G, un des 129 Services de Renseignement et d’Action actifs pour la Sûreté de l’Etat à Londres.

Spécialisé dans le sabotage, il compta dans ses rangs nombre de professeurs et d’étudiants de l’Université libre-exaministe. On estime qu’il fut impliqué dans 65% des sabotages en Belgique occupée.

Les plus connus? L’attaque du XXe Convoi vers Auschwitz parti de la caserne Dossin de Malines et arrêté peu après son départ à hauteur de Boortmeerbeek par trois jeunes résistants qui n'avaient pas froid aux yeux, le 19 avril 1943. Et puis la Grande Coupure qui à la fin du mois de janvier 1944 fit perdre entre 8 et 10 millions d’heure de travail à l’industrie nazie.

Jacques Jadoul, est aussi entré à 17 ans dans l’Histoire par un acte audacieux. Avec quelques amis, il était introduit dans le garage de la Gestapo, rue Longue Vie à Ixelles. Après avoir immobilisé le garde allemand, enfermé le personnel du garage et coupé le téléphone, ils avait réussi à placer des explosifs en moins de 10 minutes dans les moteurs des voitures de la Gestapo puis de vider le stock des bidons d’essence. Tout cela fut ponctué par une explosion qui avait détruit les "tractions avant” Citroën noires de funeste mémoire.

L’acte de sabotage permit en tout cas aux Bruxellois de garder le moral et de se moquer de l’occupant...

Libérateur aussi de l’Allemagne

Jacques Jadoul n’en resta pas là... Il fut cité à l’ordre du jour du ‘Groupe G’ pour d’autres actions, Mieux: aux côtés des Alliés, il avait participé ensuite à la libération de l’Allemagne. Après le conflit, Jacques Jadoul a poursuivi son engagement pour le Groupe G et la Royale Union des Services de Renseignement et d’Action.

Vice-président et représentant de Bruxelles – Région capitale à la RUSRA, il ne se mit jamais en exergue n’ayant été qu’un agent de base.

Cela ne l’empêcha pas de se battre pour une Belgique bilingue et de s’opposer à tout radicalisme religieux...