Bruxelles

En contrebas du palais de Justice, l'on susurre que les responsables hiérarchiques ecclésiaux ne bougeront que s'il y a une réelle mobilisation pour l'abbé Van der Biest. Ils vont devoir se mettre en branle: malgré le moment choisi, en pleine semaine, plus de 200 personnes ont manifesté silencieusement, jeudi midi, devant l'église des Minimes, arborant des affichettes demandant que l'on leur laisse leur curé.

Pour rappel: ce dernier a déjà dépassé le cap fatidique des 75 ans mais a été prolongé jusqu'à la fin 2006. Les Marolliens mais aussi des personnes venues d'ailleurs veulent un nouveau sursis et ils l'ont fait savoir «urbi et orbi» avec l'appui de la fabrique d'églises, présidée par le prince Charles-Louis de Merode, mais aussi d'un comité de soutien qui est également à la base d'une pétition.

Deuxième phase de la mobilisation: un sérieux coup de pouce du bourgmestre Thielemans (PS) et de son collège échevinal, qui, dans la foulée du rassemblement, avaient convié l'abbé et ses supporters pour la remise officielle du titre et de la médaille de citoyen d'honneur de la ville de Bruxelles. Dans la salle des mariages, on voit des têtes connues du monde associatif non marchand, comme René Schoonbrodt ou José Garcia. Ou encore la néo-bruxelloise (ville!) fraîchement émoulue Joëlle Milquet... Mais la majorité des présents sont tantôt des paroissiens, tantôt des habitants qui ne fréquentent sans doute pas beaucoup le lieu du culte mais qui n'en sont pas moins très attachés à leur curé.

Freddy Thielemans a d'abord interpellé son «cher Jacques» en disant qu' «il ne lui restait donc plus qu'un an pour lire tous les Tintin» - NdlR: il aura 77 ans! - avant de rappeler sa carrière de plus d'un demi-siècle au service du quartier: « L'Eglise nous a fait le plus beau cadeau de Noël dont on puisse rêver puisque l'abbé Van der Biest a été installé le 19 décembre 1954.»

Le bourgmestre a souligné les qualités d'humanité du curé dont, ce n'est pas peu dire pour ce laïque de combat, «la personnalité extraordinaire (le) ferait presque douter de (ses) convictions philosophiques»... Il l'a ensuite fait citoyen d'honneur en émettant l'espoir qu'il pourrait encore rendre des services au quartier des Marolles pendant de longues années. Jacques Van der Biest, tout en disant ne pas comprendre ce qui lui arrive, l'a rassuré: «même si je dois quitter ma mission sacerdotale, il me restera toujours ma mission sociale comme serviteur du christianisme.» Un appel direct à Mgr De Kesel, l'évêque de la capitale...

© La Libre Belgique 2005