Bruxelles Depuis novembre, Josefa et sa famille sont harcelées par un proxénète

Depuis novembre dernier, Josefa a pu voir toute sa vie s’effondrer. Agressée dans son propre appartement à Molenbeek, harcelée par son agresseur et sa famille, et avec son mari emprisonné depuis maintenant un mois, cette mère de 47 ans qui s’estime lésée par la justice raconte comment elle est passée de victime à coupable.

"Tout a dégénéré quand la meilleure amie de ma fille Laetitia a commencé à sortir avec ce garçon, Alex (nom d’emprunt)", commence-t-elle par expliquer à La DH. "Elle nous confiait qu’il la forçait à se prostituer et elle revenait souvent avec des coups ou des brûlures. Elle se réfugiait chez nous et il le savait, il la suivait."

Le 16 novembre 2017, vers 16 heures, Josefa est chez elle avec ses deux fils d’un an et demi et quatre ans et sa fille aînée de dix-huit ans. Entendant quelqu’un sonner avec insistance chez la voisine du dessous, elle descend en bas de l’immeuble pour voir ce qu’il se passe. "Un homme est rentré de force dans l’immeuble et s’est mis à me tabasser. Ensuite il est monté jusque chez moi et il a commencé à tout casser. Il a jeté mon cadet dans les airs et a frappé mon autre fils", se rappelle douloureusement Josefa. "Laetitia l’a directement reconnu, c’était Alex."

Après une courte hospitalisation, la victime identifie son agresseur et porte plainte contre lui. C’est quelques jours plus tard que les appels ont commencé. "Le père d’Alex a trouvé le numéro de mon mari, parce qu’ici dans ce quartier on se connaît tous. Il nous appelait et nous disait de retirer notre plainte en nous menaçant de nous tuer, de me violer devant les enfants, etc. Mais mon mari restait de marbre, il ne disait rien."

Au cours des mois suivants, les appels et les menaces s’intensifient. "On recevait des menaces d’autres personnes de l’entourage d’Alex, de plus en plus violentes, parlant d’armes et de gens qui allaient venir chez nous." Des menaces qui deviennent de plus en plus palpables puisque, pas plus tard que la semaine passée, Josefa s’est fait interpeller devant l’hôpital où elle venait faire des examens. "Je suis passée devant un homme que j’avais déjà vu quelque part. Il m’a demandé si j’osais encore me balader seule et, comme je n’ai pas répondu, il m’a attrapé les cheveux et m’a donné un coup de genou dans la cuisse", raconte-t-elle en montrant l’hématome encore très visible.

Aujourd’hui, l’homme qui est rentré chez Josefa il y a huit mois est toujours en liberté, une enquête étant toujours en cours. Son mari, par contre, a été mis en prison le 24 juin pour coups et blessures et tirs de balle en l’air. "Le 23 juin, on s’est retrouvés dans le restaurant italien De Pist où l’on va souvent. Le cousin d’Alex est entré avec un ami dans l’établissement et il a recommencé à nous parler de cette histoire. Il a provoqué mon mari. La discussion a dégénéré et mon mari est parti chercher un fusil je ne sais pas où. Il est revenu et a tiré deuxballes en l’air, c’est tout. Il n’a frappé personne." Directement après avoir tiré, l’homme est parti en voiture et a fait un accident. Les policiers l’ont intercepté et le cousin d’Alex a porté plainte contre lui pour coups et blessures.

"Je ne comprends pas comment on en est arrivés là. Aujourd’hui je n’ose plus sortir seule de chez moi, j’ai peur pour mes enfants et mon mari est en prison alors qu’il est innocent", conclut Josefa, dépitée par la tournure des événements.