L’air est mauvais à Bruxelles

Grégoire Comhaire Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

La capitale de l’Europe ne respecte pas la directive européenne sur la qualité de l’air et n’échappera pas à une condamnation. C’est le constat posé par le député de l’opposition au parlement bruxellois Didier Gosuin (FDF).

Une directive européenne impose depuis 2010 que la moyenne annuelle concernant le dioxyde d’azote (NO2) ne dépasse pas le seuil de 40 µg par m3. Mais chiffres à l’appui, le chef de groupe FDF montre que ce seuil a été systématiquement dépassé en 2010, 2011 et 2012. Une demande de report à l’application de cette directive a d’ailleurs été refusée le 6 juillet dernier à la région bruxelloise par la Commission européenne alors que la région flamande a, elle, obtenu un report. "La raison est simple", explique Didier Gosuin, "la région flamande est capable de présenter un plan d’action crédible pour améliorer la qualité de l’air à Anvers dans les prochaines années. A Bruxelles, aucune mesure structurelle n’a été mise sur la table par le gouvernement."

Il est désormais admis que les particules fines, émises notamment par les gaz d’échappement des véhicules diesel, ont des effets très néfastes sur la santé. Elles sont potentiellement cancérigènes et peuvent affecter directement les personnes souffrant de problèmes respiratoires. De nombreuses villes européennes ont d’ailleurs pris des mesures contre les particules fines. "Toutes les villes allemandes ont instauré des zones de basses émissions", poursuit Didier Gosuin. "Cela signifie qu’en cas de pic de pollution, dans certaines parties de la ville, seuls les véhicules présentant les meilleures performances environnementales sont autorisés à circuler."

D’autres villes, explique encore Didier Gosuin, ont choisi d’instaurer un péage urbain. "Certaines villes appliquent même les deux mesures: à la fois, un péage urbain et des zones de basses émissions. Mais à Bruxelles, l’idée d’un péage urbain est impossible car il n’y a pas d’accord sur le sujet avec les deux autres régions du pays."

Or sans l’une ou l’autre de ces mesures, il sera impossible, selon Didier Gosuin, que la région bruxelloise atteigne les objectifs fixés par la Commission européenne.

Du côté du cabinet de la ministre régionale de l’Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo), on souligne qu’un projet d’ordonnance comprenant une série de mesures pour améliorer la qualité de l’air est actuellement en seconde lecture au parlement bruxellois. "La moitié des mesures sont des mesures liées à la mobilité et concernent notamment le parc automobile des administrations régionales et de la Stib", indique-t-on au cabinet Huytebroeck. "Nous aimerions également pouvoir agir sur les véhicules privés, au niveau notamment de la taxe de mise en circulation. Mais il faudrait pour cela trouver un accord avec l’administration fiscale."

En ce qui concerne la proposition d’instaurer des zones de basses émissions, comme en Allemagne, le cabinet de la ministre indique qu’une étude a été réalisée sur le sujet. Une étude dont les résultats indiquent qu’il pourrait y avoir un impact sur la concentration de particules fines dans l’air, mais qu’il y aurait dans le même temps un impact social et économique négatif pour les entreprises et pour une frange de la population.

Quant au péage urbain, "il n’y a toujours pas d’accord au sein du gouvernement à ce sujet".

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