Bruxelles Le député David Weytsman (MR) propose d’intégrer des cours obligatoires d’empathie dans les écoles bruxelloises.

Dans le cadre de la journée de la Gentillesse qui a lieu ce mardi, le député bruxellois David Weytsman (MR) a interpellé la ministre de la Cocof en charge de l’Enseignement Fadila Laanan (PS), avec l’idée d’un cours d’empathie obligatoire dans toutes les écoles de Bruxelles.

Ce souhait de la part de l’ex-échevin à la Ville de Bruxelles est lié au constat que le repli sur soi de nombreuses personnes et l’intolérance sont en forte hausse. "Bruxelles est la deuxième ville la plus cosmopolite du monde, explique le député. Et dans une ville où il y a autant de métissage, il y a forcément plus de tensions sociales." Pour remédier à ces différents phénomènes qui sont de plus en plus présents tels que l’homophobie, l’islamophobie, les insultes et les agressions, David Weytsman s’est donc inspiré du Danemark en proposant à la Région d’intégrer dans les programmes des écoles de la Cocof un cours obligatoire d’empathie, "pour appeler [les élèves] à mettre des mots sur les sentiments des autres et à exprimer leurs ressentis, par exemple".

"Au Danemark, tous les élèves sont encouragés à se préoccuper du bien-être des autres et à écouter leurs condisciples pour mieux les comprendre. Isolés davantage par les réseaux sociaux, les jeunes sont les plus touchés par cette baisse générale d’empathie dans notre société. Il faut que les politiques prennent leurs responsabilités et mettent à la disposition du plus grand nombre les outils qui leur permettent de comprendre le monde dans lequel ils vivent afin qu’ils puissent le respecter", alerte le député bruxellois.

Concrètement, David Weytsman imagine un système scolaire dans lequel des cours d’empathie seraient obligatoires à raison d’une heure par semaine, de 6 à 16 ans.

Contactée, Fadila Laanan a affirmé la volonté claire de la Cocof de se concentrer sur l’empathie et la compassion dans ses écoles. "Ce sont des valeurs qui me sont chères et que nous enseignons au quotidien dans nos institutions. Elles sont intégrées dans nos projets d’établissement et se traduisent régulièrement de manière très concrète. Cela dit, la Cocof n’est pouvoir organisateur que de neuf établissements à Bruxelles, et c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles qui est responsable des décrets qui fixent les programmes", explique Fadila Laanan.

L’interpellation a été déposée il y a quelques jours et sera discutée la semaine prochaine à la Région bruxelloise.Mathilde de Kerchove