Bruxelles En 2016, les guichets d’économie locale ont accompagné 1 309 porteurs de projet.

Quatorze mois de réflexion, c’est ce qu’il aura fallu à Olivia et Julien, deux jeunes entrepreneurs, pour aboutir à la concrétisation de leur projet : l’ouverture de leur coffee bar, "Hinterland", à Saint-Gilles en avril 2015.

Etude de marché, réalisation d’un plan financier, recherche de financement ou encore réflexion sur l’implantation, autant d’étapes difficiles à franchir pour ces jeunes diplômés en marketing et sciences politiques. "Je n’avais pas réalisé au moment d’ouvrir que cela allait être aussi lourd, notamment au niveau des taxes. Nous avons été aidés par le guichet d’économie locale à Saint-Gilles, surtout pour la réalisation du plan financier. C’était un élément indispensable pour se lancer car le plan financier est demandé par les banques, le fonds bruxellois de garantie, la Région bruxelloise et le notaire", raconte Julien.

Chaque année, de nombreuses personnes désireuses d’entreprendre passent par les guichets d’économie locale (NdlR : Gel) pour lancer leur projet. Soutenu par la Région bruxelloise, le réseau de Gel compte actuellement cinq bureaux situés dans des zones d’indice socio-économiquement faible, à savoir Anderlecht, Bruxelles-Ville, Molenbeek, Schaerbeek et Saint-Gilles. En 2016, ceux-ci ont accompagné 1 039 porteurs de projet dont 42 % de femmes.

L’objectif de ces guichets est de booster l’entreprenariat, mais aussi d’informer sur le statut d’indépendant. "A Saint-Gilles, on demande aux personnes de suivre une première séance d’information car nous avons énormément de demandes. Ensuite, ils sont dirigés vers un conseiller en fonction de leur projet. Certains arrivent avec des projets déjà bien aboutis, d’autres ont besoin de plus de conseils. On les aide à bien préparer leur création pour qu’ils soient prêts le jour J", détaille Christophe Van Pelt, directeur du Gel de Saint-Gilles. En moyenne, les futurs entrepreneurs bénéficient de 2 à 7 accompagnements, qui peuvent être entrecoupés de formation en cas de besoin.

Quant aux types d’activités économiques les plus prisées, l’horeca reste en tête avec 40 à 50 % des projets proposés par les entrepreneurs. "Cela correspond au tissu économique bruxellois, commente le directeur. Ensuite, il y a le service aux personnes mais on retrouve également le secteur du graphisme, de la photographie ou encore de la coiffure." Une fois lancés, les indépendants bénéficient d’un accompagnement d’environ deux ans.

Du côté de notre duo, on s’apprête à ouvrir un deuxième établissement, tout aussi original. "Nous proposerons quelque chose de différent, que les gens demandent mais qui n’existe pas encore. L’ouverture est prévue encore cette année", conclut Julien.

"Taux élevé d’autocréation d’emploi"

Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Emploi, est lui aussi satisfait des résultats. "Parmi les individus accompagnés, 60 % étaient des demandeurs d’emploi. Ils ne sont plus que 35 % après leur accompagnement. C’est en Région bruxelloise que le taux d’autocréation d’emploi est le plus élevé, avec 17 % contre une moyenne de 11 % en Belgique. C’est important car ce genre de jobs et de services ne peut être développé que dans un cadre indépendant. On constate d’ailleurs une augmentation du nombre d’indépendants dans le volume de l’emploi et c’est pourquoi il faut les accompagner au mieux."