L’étonnant appel du président du PS bruxellois

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Ce n’est pas parce que BHV est scindé que la paix communautaire s’est installée dans la périphérie bruxelloise. Comme on l’a lu dans nos éditions du week-end, le bourgmestre CD&V de Vilvorde a trouvé un filon préélectoral intéressant qui pourrait lui être utile pour souffler sur la braise communautaire après de récents incidents entre des Belges d’extraction récente et la police locale. Le successeur de Jean-Luc Dehaene dans la cité des "pjeirefretters" (mangeurs de cheval) a ouvert un boulevard aux plus extrêmes qui parlent de l’échec de la scission alors que celle-ci, à peine votée, n’a évidemment pas encore pu être traduite dans les faits. Sur le plan politique, l’approche des communales n’est pas non plus un facteur de pacification. C’est évidemment en (re)lançant des initiatives communes entre néerlandophones et francophones et non par des logiques d’affrontement frontal que l’on peut espérer arriver à un réel apaisement. On en est encore loin. C’est avec un certain étonnement qu’on a lu le communiqué de presse aux accents francophonissimes diffusé ce week-end par le frais émoulu vice-président du PS et "numero uno" de la Fédération bruxelloise, Rudi Vervoort. Précision : ce dernier est l’actuel bourgmestre d’Evere qui y (re)part au combat avec le SP.A et l’Open VLD dans une commune où les accès de fièvre communautaire n’existent guère ou pas. Soyons de bon compte : dans son communiqué, comme "chef" des rouges de la Capitale, il rappelle que la Fédération bruxelloise du PS a souscrit au principe de la reconduction de listes d’Union francophone dans la périphérie. "L’objectif de la Fédération est toujours d’y collaborer dans la perspective de la défense des droits des habitants de ces communes, quelles que soient leur langue et leur nationalité, pour assurer au mieux leurs droits sociaux et politiques", y précise-t-il. Et d’en venir aux faits : "Ayant appris l’intention de plusieurs partis francophones de préparer des listes séparées à Crainhem" - le FDF d’une part, le CDH et le MR de l’autre - Rudi Vervoort, s’inquiète de la fin du front francophone dans cette commune. Et il en "appelle toutes les parties à se réunir pour dépasser leurs intérêts particuliers et reconstituer une liste de rassemblement, autour d’un programme partagé, dans l’esprit des accords qui régissent l’Union francophone". Mieux : Vervoort va prendre une initiative pour concrétiser cet appel. L’initiative surprend mais il faut avoir à l’esprit que Crainhem n’est pas particulièrement un vivier de recrutement pour le PS qui n’avait que 2 candidats sur 23 sur la liste francophone unique en 2006. Reste que l’initiative surprend parce qu’elle émane d’un représentant qui devrait compter au sein du parti du Premier ministre, grand zélateur de la paix communautaire. Ensuite, elle détonne parce qu’en prônant une seule liste francophone, le PS pourrait être amené, comme à Rhode-Saint-Genèse, à devoir signer une déclaration aux accents très FDF qui, parce qu’il est dans l’opposition fédérale, est logiquement aux antipodes de la pacification prônée par les trois grandes familles politiques traditionnelles et les Verts du Nord comme du Sud

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