Bruxelles

L’aventure a débuté à Ramegnies-Chin, dans la banlieue tournaisienne. Nous sommes en 1958, l’année de l’Expo universelle à Bruxelles. Notre pays entre, plein de confiance, vers cette deuxième moitié du siècle qui s’annonce flamboyante. La télévision, qui rentre peu à peu dans les ménages belges, participe à cette magie. Aux Etats-Unis, elle connaît déjà un boom incroyable.

C’est justement au retour d’un périple au pays de l’Oncle Sam, que le frère d’Eglise Maxime Roisin décide de faire entrer l’enseignement dans l’ère médiatique en créant une "école temporaire d’assistants à l’information", première pierre de la bâtisse Ihecs (Institut des hautes études des communications sociales). "Maxime Roisin était un véritable précurseur qui avait senti que nous entrions dans une nouvelle phase de la communication", explique Jean-François Raskin, administrateur-général de l’Ihecs.

A l’époque, la vingtaine d’étudiants manipulent le matériel le plus "high tech" du moment. Parmi ceux-ci, on retrouve Jacques Mercier ou Salvatore Adamo. "Ce dernier ne gardera pas un souvenir impérissable de son passage dans notre institut. Il avait déjà la tête entièrement consacrée à la chanson, ce qui n’était pas vraiment compris par ses professeurs", reprend Jean-François Raskin.

Peu à peu l’école s’agrandit et les locaux tournaisiens laisseront bientôt la place à ceux de la Fucam à Mons (1977), avant d’immigrer vers Bruxelles (1990), rue de l’Etuve, à deux pas de Manneken-Pis. En 1996, l’Ihecs devient un département de la Haute Ecole Galilée. Face à l’afflux d’étudiants, les cours se donnent désormais sur trois sites: rue de l’Etuve, rue des Grands Carmes et rue du Poinçon, dans le flambant neuf auditoire du "bord de Verre", (450 places) inauguré l’année passée.

Car depuis les premiers pas hésitants amorcés dans les locaux exigus de Tournai, le cinquantenaire a bien mûri. Mais l’Ihecs tient à garder la singularité d’enseignement de ses fondateurs: allier pratique médiatique et réflexion théorique, et ce dans les quatre sections proposées (relations publiques, publicité, presse-information et animation socioculturelle et éducation permanente). "D’autres marques de fabrique de l’Ihecs sont l’apprentissage poussé des langues et une pédagogie de proximité que nous essayons de préserver." Un véritable défi quand on sait que l’Ihecs accueille désormais 1 400 étudiants. "Cet esprit "Ihecs" se sent sans doute moins lors de la première année où, vu le nombre d’étudiants, l’enseignement est plus impersonnel, explique Jean-François Raskin. C’est surtout pendant les Masters qu’il s’affirme. Je prends pour exemple la manière dont les étudiants investissent les cours lors de ces deux dernières années." On citera les réveils à trois heures du matin pour préparer les émissions radios en condition du direct, ou encore ces fameux mémoires médiatiques jugés par des professionnels.

Un nouveau logo

Si l’Ihecs tient à garder son statut et ses spécificités de Haute Ecole (mais de niveau universitaire), cela ne l’empêche pas de tisser des liens de plus en plus étroits avec d’autres universités du pays (Saint-Louis et UCL). Face à des métiers de la communication qui se réécrivent en permanence, l’Ihecs doit aussi garder un œil plus qu’attentif aux nouvelles réalités du monde professionnel. "Nous veillons en permanence. Près de la moitié de nos professeurs sont des professionnels qui viennent de l’extérieur, relate l’administrateur-général. Au niveau du journalisme, nous inscrivons pleinement notre approche dans cette nouvelle tendance pluridisciplinaire qui veut qu’un journaliste puisse passer d’un média à l’autre. Nous sommes également très attentifs à toute l’évolution des blogs sur Internet."

Investir dans les relations internationales et dans les formations continues, voilà les deux objectifs majeurs de l’Ihecs au cours des prochaines années.

En attendant, étudiants, anciens Ihecsiens et professeurs se retrouveront ce vendredi autour d’un verre. Le temps d’échanger souvenirs et anecdotes lors d’une soirée qui se tiendra sous les lustres prestigieux du Concert Noble. "Il y a déjà plus de 1700 inscrits", se félicite Jean-François Raskin. Ce sera aussi l’occasion pour l’administrateur-général, accompagné du recteur de l’Institut, John Van Tiggelen, de dévoiler le nouveau logo de l’Ihecs. "Il sera à l’image de notre école: innovant, moderne, mais aura aussi un côté institutionnel."