Bruxelles

Sans doute était-ce prédestiné. C'est en 1958, année qui voit la Belgique accueillir l'Exposition universelle et ses quelque 42 millions de visiteurs venus du monde entier, que l'Institut supérieur de traducteurs et interprètes (Isti) ouvre ses portes à Bruxelles, alors siège de la Commission économique européenne (CEE) et de l'Euratom. Déjà, l'établissement accueille une petite centaine d'étudiants appelés à devenir secrétaires, traducteurs ou interprètes en deux langues d'arrivée, le français et le néerlandais.

Traduire : un métier d'avenir

Cette année marque donc le demi-siècle d'existence de l'Isti (Haute école de Bruxelles). Pour l'occasion, l'Ecole organise un colloque international intitulé "Traduire : un métier d'avenir" ces mardi 14 et mercredi 15 octobre. Dix-neuf conférenciers de renom venus de Belgique, de France, du Canada, d'Espagne ou encore du Liban et de Finlande y prendront la parole. Parmi eux : Henri Meschonnic, professeur émérite de l'Université Paris 8; Marianne Lederer, professeur émérite de l'université Paris III-Sorbonne Nouvelle; André Clas, professeur émérite de l'université de Montréal et directeur de la revue Meta; Jean-René Ladmiral, professeur à l'Isit-Paris et à l'université Paris X-Nanterre... "Le colloque est organisé autour de quatre axes : l'histoire de la traduction, la traductologie et l'enseignement de la traduction et de l'interprétation, le traducteur et l'interprète et traduction littéraire, traduction spécialisée, explique Christian Balliu, directeur de l'Isti. Sur les dix-neuf locuteurs, dix-sept s'exprimeront en français. Les deux autres interviendront en espagnol; ce sont deux collègues de l'Isti qui interpréteront. Ce colloque offre bien entendu la possibilité à nos étudiants-interprètes de s'exercer en cabines muettes." Cerise sur le gâteau : les textes des dix-neuf intervenants seront collectés en deux volumes de 450 pages en tout, publiés aux Editions du Hazard (NdlR : publications propres de l'Isti depuis 1996) et distribués lors du colloque.

Qualité

La présence d'une telle palette de théoriciens et de praticiens de la traduction à ce colloque, l'Isti la doit avant tout à la qualité de sa formation et de ses recherches. Au fil du temps, l'enseignement que l'Ecole dispense en traduction et interprétation a acquis une renommée internationale. "Chaque année, l'Isti diplôme de 100 à 120 jeunes. En cinquante ans, l'Isti a diplômé environ 5 000 étudiants appartenant à une centaine de nationalités", sourit Christian Balliu. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que ces traducteurs et interprètes jouissent d'un réservoir assez exceptionnel de débouchés grâce à la présence à Bruxelles de nombreuses organisations internationales, ambassades, tribunaux, parlements, etc. Sur la base d'un échantillon de 400 diplômés de l'Isti, il ressort, selon M. Balliu, que près de la moitié d'entre eux deviennent traducteurs ou interprètes, les autres s'orientant vers les métiers de cadres, de l'enseignement...

Par ailleurs, l'Institut édite depuis 1970 sa propre revue, "Equivalences", "l'une des plus anciennes revues de traduction au monde, qui a publié des centaines d'articles sous la plume des plus éminents traductologues", commente fièrement le directeur de l'Isti.

Chinois, turc et arabe

En 2005, avec le processus de Bologne, le cursus académique de l'Isti est passé de quatre à cinq ans. Des changements importants ont été opérés. Aux langues de "base" (français, néerlandais, allemand, anglais, espagnol, italien et russe) enseignées à l'Isti ont été ajoutés le turc, l'arabe et le chinois. "Ces trois langues sont données en collaboration avec l'Institut libre Marie Haps (Haute école Léonard de Vinci) et l'Institut Cooremans (Haute école Fransisco Ferrer). En première année "anglais-chinois" sont inscrits quelque cent étudiants", se félicite M. Balliu. Le cursus a été complété, en 3e année de bachelier, par un semestre de cours à l'étranger pour tous les étudiants. Enfin, il importait pour Christian Balliu de permettre aux futurs traducteurs de se spécialiser. Quatre filières leur sont donc proposées en dernière année : traduction multidisciplinaire, traduction ès relations internationales, traduction littéraire, et traduction et industries de la langue. La formation s'achevant par un stage de douze semaines et la rédaction du mémoire de fin d'études dans l'orientation choisie.

Colloque du Cinquantenaire de l'Isti "Traduire : un métier d'avenir", les 14 et 15 octobre, rue Joseph Hazard 34 à 1180 Bruxelles.

Infos : 02.340.12.80. - Web www.isti.be.