L’UCL, aussi bruxelloise

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Bruxelles Louvain-la-neuve

Un débat festif académique doit être écouté avec attention. Car derrière les belles formules empreintes de civilité et les renvois d’ascenseur peuvent se nicher d’intéressantes remarques politico-stratégiques et se tracer des jalons pour l’avenir. On s’en est rendu compte à la célébration officielle des retrouvailles de l’UCL et de la KU Leuven, dans le cadre du 40 e anniversaire de l’implantation des francophones en terre wallonne. Sous la houlette de notre consoeur du "Soir" Béatrice Delvaux, les recteurs Bruno Delvaux et Mark Waer ont redit le bien qu’ils pensaient du rapprochement, comme dans leur interview ce week-end à "La Libre". Sûr : le rapprochement lancé depuis 2000, à l’occasion du 575 e anniversaire par les recteurs Marcel Crochet et André Oosterlinck et poursuivi par le duo Coulie-Vervenne s’enracine et les unifs-sœurs ont tourné la page douloureuse de la scission. A tel point qu’ils envisagent de célébrer ensemble les 600 ans de "Louvain" en 2025. Mais n’en déduisez pas que l’UCL et la KU Leuven en oublient les défis les plus proches. Si, du côté flamand, la situation s’est stabilisée, des questions demeurent sur la configuration future du paysage universitaire francophone. A cet égard, il était intéressant d’entendre ce que pense le ministre-Président Rudy Demotte du projet de pôles géographiques de son collègue de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt. On sait que l’UCL est très réticente - pour ne pas dire davantage - à l’idée d’une redistribution spatiale qui l’éloignerait de sa base bruxelloise où elle a non seulement sa faculté de médecine mais aussi nombre de coentreprises avec des hautes écoles. A titre personnel, M. Demotte a finement fait remarquer qu’il y avait à l’évidence une connexion entre le Brabant wallon, la terre où l’on produisait le plus, et Bruxelles, capitale et région centrale essentielle dans le devenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tout en plaidant pour la concentration des forces afin de relever ensemble le grand défi de l’excellence. Dans le débat, grâce aux souvenirs de Philippe Maystadt, on a pris une cure de jouvence alors que Mark Eyskens et Louis Tobback ont laissé entendre la voix du bon sens et de la sagesse. A la réception qui a suivi, Jean-Luc Roland et Louis Tobback ont aussi relancé l’idée d’un jumelage entre Ottignies-LLN et Louvain qui scellerait civilement les retrouvailles universitaires...

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