Bruxelles

A l'initiative de la CSC Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles des sans-papiers, se sont rassemblées mardi en fin de journée au Foyer anderlechtois, pour dénoncer le dumping social par l'intermédiaire de la sous-traitance en cascade. 

A l'issue d'une réunion avec des représentants syndicaux, le Foyer anderlechtois s'est engagé à appuyer la réintégration auprès de leur sous-traitant indirect du travailleur prénommé Mounir, chargé du nettoyage de leurs locaux depuis 2008. Ce dernier a perdu ses droits au séjour à la suite de son licenciement en décembre 2012. Par cet exemple emblématique au sein d'un service communal, la CSC BHV a souhaité responsabiliser les donneurs d'ordre, notamment dans les institutions publiques. Le syndicat souligne que chaque entreprise sous-traitante se prend une marge au détriment, en bout de chaîne, du travailleur, souvent immigré et sans-papiers. Il relève également qu'il s'agit avant tout d'une compétition entre travailleurs. Pasquina Anglani, permanente syndicale CSC Alimentation et Services, espère aboutir à l'élaboration et à l'application systématique d'une charte entre le donneur d'ordre et l'entreprise de nettoyage. "L'objectif de la Charte est que les parties s'engagent mutuellement à veiller à ce que les conditions de travail et de salaires des travailleurs du nettoyage soient respectées".

Mounir, un Marocain de 43 ans arrivé en Belgique en 2006, explique que l'Office des Etrangers avait accepté, au cours de la vague de régularisation de 2009, d'entériner sa demande, mais que son employeur a feint de finaliser la procédure. "J'étais payé bien en-dessous du salaire minimum: 6 euros de l'heure jusque 2010. (...) Quand j'ai été trouver mon patron pour revendiquer mes droits, j'ai dû arrêter de travailler. En vérité, le patron ne voulait pas me régulariser. Il voulait m'utiliser jusqu'où il pouvait et puis me jeter comme une marchandise usagée dès que je n'étais plus docile". 

Des travailleurs sans-papiers ont dénoncé plus généralement leur instrumentalisation. "Les employeurs nous promettent des régularisations", dénonce Serge B., travailleur sans-papiers. "Tant que ce n'est pas fait, ils nous font travailler pour un salaire de misère, au-delà du régime horaire maximum et dans des conditions terribles". Ils ont revendiqué une protection jusqu'au terme de leurs poursuites, afin de se prémunir d'une expulsion avant jugement.