Bruxelles

Le petit État pétrolier et gazier du golfe Persique est en train de se construire une fastueuse ambassade, avenue Franklin Roosevelt, à l’un des croisements de l’avenue Victoria. La première pierre du spectaculaire chantier a été posée fin mai. Les travaux avancent bon train et l’inauguration est déjà prévue pour la fin du mois de mai 2014.

Niché, dans un écrin de verdure, à côté du bois de la Cambre, sur l’avenue qui comprend déjà beaucoup d’ambassades, le vaste bâtiment s’étendra sur deux niveaux et 3.500 m2 pour une dizaine de places de parking. Il a la forme d’un octogone et sera surmonté d’un grand dôme en zinc qui dominera un grand atrium. Cet édifice sera un bâtiment de prestige pour le riche émirat. La construction dispose d’un budget important.

"Ce n’est pas bon marché ! Mais le Qatar nous a demandé de ne pas communiquer sur les montants engagés", explique Jean-Michel Jaspers du bureau Jaspers-Eyers, architecte du projet. "Je ne dirais pas que c’est luxueux mais il est vrai que nous n’avons pas l’habitude de construire des bureaux aussi chers. Mais ce n’est pas si cher que ça. Quand on a l’occasion, comme le Qatar, de sponsoriser le club de Barcelone ou de se payer le PSG, c’est une cacahuète", relativise l’architecte.

Si le coût du bâtiment est élevé, c’est aussi parce que le Qatar est un client exigeant. Le niveau de finition doit être irréprochable. Les matériaux utilisés sont nobles. Du bois, de la pierre blanche de France et de la pierre sombre de lave, à l’intérieur comme à l’extérieur. "Il n’y a pas un mur qui soit peint. Ils sont tous recouverts de pierre. Cela représente quelques centaines de tonnes. Je n’en ai jamais mis autant dans un bâtiment", constate Jean-Michel Jaspers, dont le bureau a obtenu ce contrat en remportant un concours international. Il l’a emporté grâce à un subtil mélange entre architecture belge de type Art Déco et des ornements orientaux propre à la culture qatari.

L’actuelle ambassade se trouve au coin de l’avenue Louise et de la rue Blanche. Outre le fait que l’émirat voulait se doter d’un bâtiment de représentation de prestige, avec une plus grande "visibilité", il quitte aussi l’avenue Louise "pour des raisons de mobilité". "Les embouteillages rendent le lieu difficile d’accès", conclut l’architecte.

Une mosquée ? "De l’intox !"

Dans le quartier Boondael, certains sont inquiets. Une rumeur persistante circule. Profitant de l’inviolabilité des ambassades reconnue par le droit international, le Qatar en profiterait pour faire construire une mosquée de 600 places dans ses nouveaux locaux. En témoigne la coupole au centre du bâtiment. "C’est de l’intox !", répond Jean-Michel Jespers. "La coupole surmonte un atrium prévu pour organiser des réceptions. Le Qatar est un pays musulman plutôt laïc. Il n’y a pas d’aspect religieux dans le projet." Par contre, des mesures spéciales ont été prises. "Le bâtiment sera extrêmement sécurisé. Notamment grâce à sa structure en béton plein et aux mesures spéciales prises dans les jardins. Mais je ne peux pas vous en dire plus..."