Bruxelles

Les riverains de l’Oostrand se plaignent depuis des années des atterrissages en piste 01. Considérée à l’origine comme subsidiaire, cette piste de l’aéroport de Zaventem est censée être utilisée uniquement lorsque les conditions de vent rendent les atterrissages difficiles et dangereux sur les pistes principales, soit les 25R et 25L. En cas de fort vent du nord, les avions - qui atterrissent et décollent en principe contre le vent - doivent se poser sur la piste 01, survolant au passage et à très basse altitude les communes de Woluwe-Saint-Pierre, Wezembeek, Crainhem ou encore Sterrebeek.

Selon le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre Benoît Cerexhe (CDH), on assiste au fil des années à une intensification de l’utilisation de cette piste pourtant censée être utilisée dans des circonstances exceptionnelles. "En quinze ans, nous sommes passés d’une utilisation moyenne de la 01 de l’ordre de 4 % de la totalité des atterrissages à une moyenne de 15 % l’an, avec des fluctuations plus ou moins importantes selon les années et les travaux effectués sur les pistes durant l’été", détaille-t-il.

La situation se serait particulièrement aggravée depuis le mois de février dernier, indique le chef du groupe CDH au Parlement bruxellois. "En avril, la piste 01 a été utilisée en journée pour 2 790 atterrissages, soit environ 30 % de tous les atterrissages de jour. La nuit, cette piste a été utilisée pour 249 atterrissages, soit près d’un quart de l’ensemble des atterrissages de nuit."

Les jours de très fortes nuisances dues à l’utilisation intensive de la piste 01 coïncident avec les week-ends et les jours fériés, fait valoir Benoît Cerexhe. "Depuis février, sept week-ends ou ponts fériés ont été touchés par l’utilisation de la 01. Or, je rappelle qu’il faut normalement un vent de sept nœuds pour y recourir. Coïncidence ou non, rares sont les lundis qui sont touchés par le phénomène. On peut s’interroger sur cette capacité des vents à changer subitement d’intensité et de direction chaque lundi matin", ironise l’humaniste qui estime en réalité que Belgocontrol fait peu de cas des normes de vent en vigueur.

Le problème a été communiqué à la ministre fédérale en charge de la Mobilité, Jacqueline Galant. "Nous n’avons toujours aucune nouvelle. Son silence est assourdissant !" s’insurge Benoît Cerexhe.