Bruxelles

On l’attendait depuis longtemps, mais son ouverture a été retardée d’un an pour cause de marché public destiné à la doter de vitres pare-balles. Cette fois ça y est, l’antenne de police du quartier Matonge est ouverte rue Longue Vie. Une rue mieux connue sous son sobriquet de "rue de la Mort", où les amateurs de cannabis et d’autres substances illégales peuvent s’approvisionner jour et nuit en toute quiétude, sous le regard bienveillant des passants.

Le trafic de stupéfiants est l’un des principaux fléaux du quartier Matonge. C’est la raison pour laquelle une cellule "Matonge" composée de dix inspecteurs de police a été spécifiquement créée il y a une dizaine d’années au sein de la zone.

Jusqu’en 2009, les policiers de cette cellule étaient installés au cœur du quartier, dans une antenne située dans la galerie commerçante de la chaussée de Wavre. Mais suite à un conflit avec la propriétaire qui refusait de prolonger le bail aux mêmes conditions financières, cette antenne avait dû fermer. Les policiers avaient donc été rapatriés au commissariat de la première division place Fernand Cocq, à trois cents mètres de là.

Trois ans plus tard, ces policiers sont de retour au Matonge. Installés au 16, rue Longue Vie, ils auront pour tâche d’assurer une surveillance permanente du secteur, avec une vigilance particulière sur les nuisances, les incivilités et la criminalité propre au quartier. Leur présence sur le terrain devrait permettre une intervention plus rapide de leurs collègues en cas de problème, ou d’opération délicate. "Depuis quelques années, le phénomène des bandes urbaines a pris de l’ampleur dans ce quartier, explique le bourgmestre d’Ixelles Willy Decourty (PS). Matonge est un territoire commercial pour eux. Ils y font la loi et contrôlent le trafic de stupéfiants."

Les autorités communales n’ont pas attendu la réouverture de cette antenne décentralisée pour agir. Chiffres à l’appui, le commissaire François Peeters, chef du troisième district de la zone Bruxelles/Ixelles, expose d’ailleurs fièrement le bilan de ses équipes rien que pour 2012 : 3 opérations ciblées "bande urbaine", 1 action de longue durée (deux ans) sur le trafic de stupéfiants, 11 contrôles Afsca sur les établissements Horeca du quartier, 163 arrestations judiciaires dont 48 profils "bande urbaine"

Il reste pourtant du pain sur la planche avant de faire baisser la criminalité dans ce quartier. "Mais j’imagine que dorénavant, les dealers éviteront de se livrer à leur petit commerce sous les fenêtres des policiers", conclut Willy Decourty.