Bruxelles

La scène est suffisamment rare qu’on se doit de l’épingler, de la souligner… Ce n’est pas tous les jours que la princesse Astrid pousse la (bonne) chansonnette populaire avec la chorale des Marolles. Il faut dire que toute l’assemblée, journalistes compris ont eux aussi donné le meilleur d’eux-mêmes…

Un moment de communion comme il en existe sans nul doute beaucoup chez Nativitas, l’œuvre sociale et sociétale de la vie de Monica Nève qui, pour la petite histoire, accompagna tous ces choristes hors normes au piano.

L’adresse du jour ? La maison de l’ASBL Nativitas, sise rue Haute. Mieux connue comme "La Bicoque" mais c’en est une fameuse… Très étroite, côté façade mais étendue vers l’arrière comme il y en a beaucoup dans le quartier, elle ne paie pas de mine. Et pourtant c’est un extraordinaire lieu d’accueil de jour où les personnes défavorisées du quartier, de la ville mais aussi d’horizons bien plus lointains peuvent reprendre leur souffle et déposer leur baluchon de fortune.

Dans l’esprit de Noël, le sapin et la crèche calabraise offerte par la princesse Paola sont toujours en place. Il est vrai qu’ici "c’est Noël toute l’année parce qu’il n’y a pas de saison pour aimer"...

Voilà donc une "Bicoque" très accueillante car ouverte à tous quel que soit l’âge, l’origine, la culture ou la religion, du lundi au vendredi… Certes au fond du couloir, il y a une petite chapelle mais ici pas question de devoir montrer un quelconque certificat de baptême. Même si les valeurs de l’Evangile y ont largement cours mais bouddhistes et musulmans s’y sentent aussi chez eux.

Une présence de plus de 40 ans

Tout a commencé en 1975 lorsque l’assocation créée par Monica Nève s’est fixé comme objectif "d’offrir en permanence une écoute et de venir en aide aux personnes en situation difficile". Sa première implantation se situa à côté de l’église de la Chapelle. Depuis lors, Nativitas a pris racine à "la Bicoque" mais a encore une annexe toujours à la rue Haute.

La spécificité de ce qui y est proposé ? La culture y est omniprésente. Sous toutes ses formes car elle est un élément de développement personnel et un moyen d’intégration dans la société. Cela dit la clé du succès, c’est le bénévolat… Aujourd’hui, une équipe de plus de 100 bénévoles est encadrée par deux responsables qualifiées qui avec la fondatrice ont expliqué le fonctionnement de Nativitas à une princesse toujours très intéressée par les questions à dimension sociale et humanitaire.

Approche globale en trois points

Elle avait d’autant plus volontiers accepté de visiter Nativitas qu’elle a honoré de son haut patronage qu’elle a confié aux journalistes qu’elle était interpellée par le constat de l’augmentation phénoménale de la précarité. Celle-ci prend des dimensions de plus en plus grandes et désespérantes pour une bonne partie de la population. Bien pilotée par les permanentes Xuan et Véronique, la princesse a posé moult questions avant de parcourir la maison.

Chez Nativitas, la réinsertion des personnes démunies, isolées, précarisées passe par une approche globale pour une insertion réussie. Elle se développe en trois piliers. D’abord subvenir aux besoins les plus élémentaires : restaurant social, colis alimentaires, douche, vestiaire social, coiffeur; ensuite, aider à sortir de l’impasse : assistance et suivi social, aide juridique, écrivain public, logements de transit… Il s’agit enfin d’offrir des possibilités d’épanouissement personnel par un accès à la culture : cours de langues, activités culturelles et artistiques. Et… pourquoi pas des cours de chants pour tous ? Au 116-118, rue Haute, la musique adoucit les mœurs et développe les cœurs. Au propre comme au figuré.