Bruxelles La Cour des comptes relève le non-paiement de factures aux entreprises.

C’est bien connu, les tunnels bruxellois sont vétustes et nécessitent des rénovations afin d’éviter tout incident. C’est dans ce contexte que, mi-2016, le gouvernement bruxellois a adopté un plan pluriannuel de rénovation de tous les tunnels de la capitale. Celui-ci est mis en œuvre jusqu’en 2031 selon un ordre de priorité lié à l’urgence des travaux. Son objectif : rénover, entretenir et sécuriser les tunnels construits entre la fin des années 1950 et le début des années 1990 afin d’assurer l’accessibilité de la capitale.

Mais l’exécution de ces chantiers pourrait connaître un certain retard, si l’on en croit le rapport de la Cour des comptes : cet organe du Parlement exerce un contrôle externe sur les opérations budgétaires et relève le non-paiement des factures en 2018 ainsi que les difficultés, en 2019, à honorer les factures des différentes entreprises qui rénovent les tunnels.

"Sur base de l’ajustement budgétaire, la Cour des comptes constate que le paiement des factures restera en souffrance et rappelle que le non-respect des délais de paiement a pour conséquence le paiement d’intérêts de retard et peut provoquer des perturbations dans l’exécution des chantiers concernés (à savoir les tunnels Reyers et Léopold II pour l’année 2019, NdlR). Afin d’assurer la liquidation des factures, sur la base des crédits déjà consommés, de l’encours des engagements et des estimations de l’administration, un montant supplémentaire estimé à 25 millions d’euros devrait être prévu en crédits de liquidation", peut-on lire dans le rapport de la Cour des comptes.

Le ministre Smet dément

De plus, concernant le budget 2019, la Cour des comptes relève que l’administration a indiqué des besoins en moyens de liquidation de respectivement 57 millions d’euros pour la grande rénovation des tunnels et de 55 millions d’euros pour les dépenses liées à l’entretien des routes et aux travaux d’investissement aux voiries, comme par exemple les travaux d’asphaltage. "Vu l’encours des engagements, la Cour estime que les crédits de liquidation prévus au budget sont insuffisants d’autant plus si ces crédits doivent prendre en charge des paiements reportés de factures de l’exercice 2018", précise le rapport.

Contacté, le cabinet du ministre de la Mobilité Pascal Smet (SP.A) dément tout retard dans l’exécution des chantiers. "Le gouvernement bruxellois a été prévoyant en réservant une marge budgétaire pour effectuer des travaux en cas d’urgence et il n’y aura pas de retard dans les délais des chantiers prévus", commente le cabinet Smet.