Bruxelles

La Stib (Société de transports intercommunaux de Bruxelles) ne connaît pas la crise. Loin de là même. En 2008, elle aura battu un nouveau record de fréquentation en effectuant plus de 286 millions de voyages. Soit une hausse de 3,2 % ou 9 millions de voyages en plus par rapport à 2007. Une année 2008 qui aura été "riche en événements", selon son directeur général Alain Flausch. "Nous aurons lancé la carte Mobib (250 000 usagers la possèdent désormais), acheté de nouveaux véhicules (152 trams et 52 bus articulés) et adapter et étendu notre réseau de surface". C’est le cas notamment pour les trams 94 et 51 qui auront vu évoluer leurs parcours de plusieurs jets de rames en site propre.

Parmi les autres avancées de la société de transports, on citera la construction d’un dépôt de tram à Haren et de métro à Jacques Brel, l’introduction des lignes "Chrono" 3 et 4 ou encore la rénovation du siège social, rue des Colonies. Au niveau de la sécurité, la Stib aura effectué "un bond de géant" depuis l’arrêté de l’année passée qui permet désormais au personnel de la Stib d’infliger des amendes administratives contre les incivilités. La fraude serait également en (légère) réduction. Même si la direction de la Stib préfère se montrer prudente quand on évoque le sujet. "Il existe deux types de données concernant la fraude, poursuit Alain Flausch. Nous avons tout d’abord le taux de fraude que constatent nos services de contrôle. Il tourne autour de 2 à 3 %. Mais vous savez, avec le GSM, les usagers sont vite mis au courant de ce type d’intervention et arrivent ainsi à les éviter. Des enquêtes nous ont ainsi permis de déterminer que le taux de fraude apparent tournait autour des 13 à 15 %. Un chiffre qui est plus proche de la réalité." Mais ce taux devrait sensiblement être revu à la baisse prochainement avec l’introduction de portillons d’accès dans 17 stations de métro (sur 65) de la capitale dès le début 2010.

D’un point de vue financier, la Stib se targue d’afficher des recettes en augmentation de 6,6 %, "malgré une conjoncture défavorable et une augmentation des coûts de l’énergie". Et à ce niveau, la Stib joue gros. Malgré le naufrage du projet Citeo (voir LLB du 07/05), la société persiste et signe : elle tient à se "déconsolider" de la Région bruxelloise. "Cela nous permettrait de nous lancer dans des investissements plus importants encore, en recourant à des emprunts, sans mettre en péril la Région, reprend le patron de la société. La Stib représente tout de même 17 % du budget régional". Pour ce faire, la Stib doit présenter un bulletin favorable aux institutions européennes, avec notamment un taux de couverture (part des dépenses couvertes par les recettes propres) supérieur à 50 % durant trois ans consécutifs. Mission accomplie pour 2008 (51,66 %).

Mais l’année passée ne fut pas que rose. La "vitesse commerciale" a notamment connu des ratés à l’allumage sur différentes lignes ("ce qui nous a coûté 2 millions d’euros"). "Il y a des éléments, comme le respect des sites propres ou la fluidité du trafic, pour lesquelles la Stib est totalement dépendante des autorités", constate Alain Flausch qui rappelle que la pression automobile augmente encore de 4 à 5 % par an dans la capitale. "Pour un même trajet en ville, les transports publics émettent 60 % de CO2 en moins par passager qu’une voiture de gabarit moyen."

Autre gros point noir de la Stib ces dernières semaines, le lancement des nouvelles lignes de métro qui aura connu une maladie de jeunesse plus que tenace (affichages récalcitrants, nombreux retards). "Nous avons eu un gros problème avec notre fournisseur du système de régulation, ce qui a entraîné des soucis en cascade, admet Luc Bioul, le responsable métro de la société. Notre priorité est avant tout de garantir la sécurité des passagers." Mais la Stib dit "mettre la pression" sur ce dit fournisseur pour que tout rentre dans l’ordre à la mi-juin.

Et côté métro, la société a déjà le regard tourné vers le futur et plus spécialement vers le Nord. Car si on a beaucoup parlé de la prolongation de l’axe Nord-Sud, il se fera "en priorité vers Schaerbeek et Evere". "Vu la densité de ces deux communes, le développement de transport en surface est devenu impossible. Il existe un certain consensus politique pour développer une ligne de métro jusqu’à Bordet", explique-t-on à la Stib. A plus court terme, la société de transport espère poursuivre sa croissance en transportant 320 millions de voyageurs en 2011. "On devra pédaler pour y arriver, mais on y arrivera", conclut Alain Flausch.