Bruxelles Les Verts estiment que la dernière campagne de la Région nie complètement l’identité et la diversité bruxelloises.

Sprout to be Brussels, Call Brussels, Make Brussels, Summer in Brussels… Depuis les attentats du 22 mars 2016, les campagnes initiées ou soutenues financièrement par la Région pour redorer l’image de notre capitale se multiplient. Take me to Brussels, la dernière en date conçue par l’agence Wunderman et financée à hauteur de 4 millions d’euros par la Région, comprend notamment le déploiement de Schtroumpfs dans plusieurs capitales européennes et la diffusion d’un spot publicitaire. Mardi, la Région bruxelloise se félicitait d’avoir déjà engrangé près de deux millions de vues sur YouTube en une semaine seulement.

Pas suffisant pour convaincre Arnaud Pinxteren (Écolo) de l’efficacité de la stratégie bruxelloise en matière de tourisme et d’image. "Le spot publicitaire montre des gens de dos, le tout rythmé par une musique que l’on peut qualifier de triste. Quant aux Schtroumpfs, ils sortent de nulle part. C’est belge mais cela ne reflète pas l’identité bruxelloise. C’est complètement désincarné. Les Bruxellois sont complètement absents de cette campagne alors qu’ils étaient des ambassadeurs de leur ville dans le cadre de Call Brussels et Make Brussels", déplore le député d’opposition.

Aux yeux de ce dernier, si les Schtroumpfs peuvent être efficaces pour séduire le public chinois, c’est avec d’autres armes que Bruxelles doit se vendre en Europe, notamment en mettant en lumière sa diversité et son cosmopolitisme. À ce titre, Arnaud Pinxteren souligne d’ailleurs un décalage complet entre les messages délivrés par les campagnes touristico-économiques et celles destinées aux habitants, telles que Bru Voice ou les Cabinets Citoyens.

"Prenons Mixity, la dernière campagne en date, qui affirme que Bruxelles est la ville la plus cosmopolite d’Europe. Mais que fait-on avec ce constat ? On dirait qu’on veut juste se convaincre nous-mêmes que la mixité c’est bien sans essayer d’en faire un atout marketing et touristique. Il n’y a aucun lien avec la campagne Take me to Brussels", souligne-t-il.

L’écologiste admet qu’il était sans doute compliqué de réagir dans l’urgence au lendemain des attentats. Mais celui-ci interpellera le ministre-Président Rudi Vervoort (PS) sur l’importance de la coordination entre ces différentes initiatives. "Ce qui est pratique avec la langue des Schtroumpfs, c’est qu’on peut y lire et entendre ce qu’on veut. C’est un peu la même impression qu’on a avec la stratégie post-attentat de la Région, ce qui n’est pas rassurant. Take to Brussels veut amener les touristes à Bruxelles. Nous, on se demande où Rudi Vervoort veut emmener Bruxelles", ironise Arnaud Pinxteren.