Bruxelles

Le droit de vote aux élections communales est accordé aux étrangers non européens depuis 2004. Le vote d'octobre prochain sera donc leur première possibilité d'expression. Il s'agira d'un test important car il concerne près de 27 000 personnes à Bruxelles-Ville.

La Ville a décidé de s'adresser à elles personnellement et de leur faciliter la vie dans la mesure du possible.

Freddy Thielemans mise sur un courrier adressé à chaque électeur étranger et l'informant de la possibilité d'exercer son droit de vote. Adressé tout récemment à ses milliers de destinataires, il rappelle les conditions mises à l'exercice de ce droit et distingue, par conséquent, Européens et autres. En effet, il suffit pour les premiers, qui disposent de cette possibilité depuis 1999, d'être ressortissant d'un pays de l'Union européenne. Les seconds doivent, eux, avoir établi leur résidence principale en Belgique de manière ininterrompue depuis au moins cinq ans.

Il faut aussi, et c'est là que la démarche prend probablement tout son sens, s'inscrire auprès de l'administration locale. La perspective d'une longue file d'attente à un guichet peut naturellement constituer un frein à l'enthousiasme. Le formulaire de demande a donc été annexé au courrier et, petit coup de pouce supplémentaire, une enveloppe timbrée a été glissée dans l'envoi.

Une légitime contrainte tout de même: une fois inscrit, le vote devient obligatoire, comme il l'est pour les Belges. «Une fois sur la liste des électeurs, ils seront convoqués pour chaque élection à laquelle ils auront le droit de prendre part, précise le bourgmestre. Qu'ils soient soumis à l'obligation de vote participe à une certaine philosophie citoyenne, une prise de responsabilité. C'est choisir d'être participatif. L'obligation ferait reculer? Je ne le pense pas. Il y a trois éléments pouvant dissuader les étrangers de s'inscrire. Tout d'abord, l'exercice même de la démarche mais je pense que nous y répondons par notre courrier personnalisé. Ensuite, la crainte de perdre le lien avec le lieu d'origine pourrait refroidir certains. Ce risque est inexistant puisque l'exercice du droit de vote à Bruxelles permet toujours de voter dans un autre pays. Nous le soulignons d'ailleurs. Enfin, on n'échappe pas au sentiment d'incompréhension par rapport au système politique belge...»

Pour dissiper celle-ci, la Ville a mis en service, depuis le 16 mai, une ligne téléphonique gratuite (0800.20.035) et un site Internet consacré au rendez-vous d'octobre (www.bruxelleselections2006.irisnet.be).

Informés, les étrangers n'auront plus qu'à se convaincre qu'ils ont un rôle à jouer dans la ville qu'ils habitent et que ce rôle comporte, notamment, l'exercice du droit de vote.

© La Libre Belgique 2006