Bruxelles

La Ville de Bruxelles va ouvrir un centre d'accueil et d'orientation pour les migrants, a annoncé, jeudi, sur BX1, Karine Lalieux (PS), échevine de la Culture, du Tourisme, des Grands événements et de la Propreté publique. Le sujet sera abordé, lundi, au conseil communal. Mme Lalieux espère pouvoir faire ouvrir ce centre dans les toutes prochaines semaines. La Ville devrait louer un bâtiment proche du Décathlon d'Evere. De quoi, espère Mme Lalieux, mettre fin à l'occupation problématique du parc Maximilien, près de la gare du Nord, dans le centre de Bruxelles, par plusieurs centaines de migrants. Le centre sera géré en partenariat avec des ONG.

"Si le problème s'était posé à Anvers, cela ne se serait pas passé comme cela"

L'échevine ne s'est pas montrée tendre à l'égard du gouvernement fédéral "qui ne fait rien" pour accueillir les migrants en transit à Bruxelles. "Le travail que devrait accomplir le fédéral, avec l'aide de la Région de Bruxelles, il le laisse à la Ville", a-t-elle scandé. "Les autres pouvoirs se moquent de ces hommes, de ces femmes qui sont là dans le désespoir et l'inhumanité totale", a-t-elle encore tonné, visant nommément le Premier ministre Charles Michel (MR), le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), à qui elle a demandé de "prendre leurs responsabilités".

Interrogée par La Libre, Karin Lalieux en a rajouté une couche. "La ville de Bruxelles a pris ses responsabilités car, en dépit de plusieurs mois de discussions et de négociations, le gouvernement Michel n'a pas pris les siennes. La gestion et l'accueil des migrants relèvent du fédéral, pas de la Ville, qui a fait ce qu'elle devait faire pour faire respecter l'ordre public et la salubrité du parc Maximilien. Notre souci constant a été de faire en sorte que le parc ne se transforme pas en jungle et d'agir pour que des hommes, des femmes et des enfants, qui ont fui la violence, la guerre, les viols puissent survivre dans des conditions plus ou moins convenables. Notre souci était donc aussi humanitaire. Nous avons agi avec l'aide de citoyens qu'il faut remercier et saluer pour leur engagement quotidien. Nous avons mis des locaux à la disposition de "Médecins du monde", installé des toilettes, mobilisé du personnel de nettoyage, fait appel à nos services de police et ce alors même que la Ville est en charge de 4400 personnes démunies. Pendant ce temps-là, le fédéral a fait preuve, face à des êtres humains en grand désarroi, d'une inertie qui n'avait que trop duré. Nous nous sommes longuement tus. Maintenant, nous avons décidé de bouger et, en même temps que nous donnons ce signal, de dénoncer le fait que le fédéral n'ait apporté aucune réponse, aucune solution à un problème qu'il se devait pourtant de régler, car il était, et demeure, de sa compétence. Si un tel problème s'était posé à Anvers, cela ne se serait pas passé comme cela…"

Plus de chances de convaincre les migrants de demander l'asile

"C'est la raison pour laquelle", poursuit Mme Lalieux, "tout le collège a décidé de proposer l'ouverture d'un centre d'accueil lors du conseil communal de lundi". "Nous agissons", poursuit Mme Lalieux, "parce que l'hiver est à nos portes et parce que nous tenions aussi à soulager les riverains du parc Maximilien qui sont confrontés à une situation difficile".

Mme Lalieux estime, par ailleurs, que les migrants présents au parc devraient demander l'asile. "Là-dessus, je suis d'accord. Les ONG pourront s'occuper d'eux dans des locaux chauffés, où régnera une sérénité totalement absente du parc. Elles auront donc l'occasion de leur donner une information qu'il était jusqu'ici impossible de leur fournir et iI y a de fortes chances que les migrants soient beaucoup plus réceptifs au discours".

Quand nous lui faisons remarquer qu'une telle démarche irait dans le sens des vœux voire des exigences de Theo Francken, Mme Lalieux conclut: "Là encore, nous faisons le travail à sa place…"