Bruxelles Les auteurs encourent des poursuites pénales pour dégradation et vol.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des militants du collectif ACED (Association citoyenne pour une espace public décolonial) ont déboulonné le buste de Léopold II qui se trouvait dans le parc Duden. Le collectif entend par cette action dénoncer le rôle de Léopold II dans la colonisation du Congo.

"Bien qu’opposés à la violence, nous avons été contraints de prendre cette mesure radicale face au refus répété des pouvoirs publics d’engager tout débat sérieux sur la toponymie et la statuaire à la gloire du passé colonial et, plus largement, de refuser tout examen de conscience quant à cette page sombre de notre histoire. Nous estimons que cette politique de l’autruche constitue une faute majeure et une insulte aux valeurs d’une société qui se veut démocratique", ont-ils ainsi déclaré dans un communiqué. Le collectif souhaite par cette "action choc" réclamer l’ouverture d’un grand débat "sur les heures sombres de la colonisation".

Et le collectif d’ajouter que "Léopold II est surtout l’auteur d’une entreprise méthodique de pillage, responsable de plusieurs millions de morts, qui a profondément déstructuré les sociétés locales. La gravité de ces crimes invalide toute démarche visant à louer publiquement l’action de Léopold II dans d’autres domaines".

"Vandalisme"

Contacté, le bourgmestre de Forest Marc-Jean Ghyssels (PS) soutient les positions anticoloniales mais condamne ces agissements. "C’est tout simplement un acte de vandalisme qu’on habille sous un prétexte de défense de valeurs humanistes. Je partage les valeurs de cette association mais pour le coup, l’acte en lui-même est regrettable car le patrimoine forestois est touché. Ce n’est pas en enlevant un buste qu’on efface les erreurs de l’Histoire, explique-t-il. Ils revendiquent cet acte en disant qu’ils veulent intensifier le débat sur la problématique de la colonisation mais le collège communal n’a jamais été interpellé sur ce sujet."

Il ajoute que les militants encourent des poursuites pénales pour dégradation (les tags sur le socle) et pour vol. "C’est susceptible d’une peine de prison en fonction de leurs antécédents judiciaires, ou de travaux d’intérêt général et de réparation civile si on ne retrouve pas le buste", conclut-il.