Bruxelles

Ça fait chaud au cœur de voir autant de gens rassemblés autour de moi." Omran Barikzai, un Afghan de 21 ans habitant à Saint-Gilles, était très touché par le soutien qui lui a été apporté, ce mercredi après-midi devant la maison communale. Une centaine de personnes, fleurs à la main, se sont mobilisées pour manifester leur soutien à ce jeune en voie d’expulsion. Dans l’assemblée, beaucoup d’élèves et enseignants de l’athénée royal de Schaerbeek.

Omran, ses deux frères et ses parents sont arrivés en Belgique il y a 8 ans. "Nous habitions à Kaboul mais la situation dramatique nous a fait venir habiter à Bruxelles", explique Omran. Son avocate maître Joke Callewaert a bien étudié la situation en Afghanistan, et explique que les jeunes occidentalisés sont recherchés par les Talibans. "S’ils retournent là-bas, ils risquent d’être recrutés car ils sont encore jeunes. De plus, comme ils sont occidentalisés, les Talibans pensent qu’ils ont beaucoup d’argent et le risque de kidnapping est bien présent", ajoute maître Joke Callewaert.

Depuis son arrivée en Belgique, Omran est un exemple d’intégration. "Dès que je suis arrivé ici, j’ai appris le néerlandais et le français, et j’ai toujours été à l’école avec grand plaisir ! Je travaille en tant que bénévole pour la Croix-Rouge mais également pour l’organisme Brussel Onthaal, où je fais des traductions", ajoute le jeune homme qui est parfait bilingue français-néerlandais, et qui souhaite entamer des études de droit.

Trois demandes refusées

"Cela fait plaisir de voir autant de personnes présentes ici", confie discrètement Pashtun, la maman d’Omran. Son autre fils, Milad, insiste, lui, sur la situation à Kaboul. "Encore la semaine dernière, une attaque terroriste a fait près de 400 blessés et 60 morts à quelques kilomètres de notre village. On ne veut pas retourner là-bas", affirme ce jeune de 20 ans, étudiant à l’université de Louvain.

Negin, 15 ans, est scolarisée dans le même établissement qu’Omran. "C’est quelqu’un de très gentil, spontané, calme et bien intégré. Il faut qu’il soit courageux. On est tous avec lui !", confie-t-elle.

Après trois demandes d’asile refusées, une nouvelle demande de régularisation a donc été introduite ce mercredi, sur base de l’article 9 bis, qui prévoit que lors de circonstances exceptionnelles, l’autorisation de séjour peut être demandée auprès du bourgmestre.


La commune a transmis la demande

Saint-Gilles En marge de la manifestation, la famille d’Omran a été reçue par la commune. Mais comme l’explique le bourgmestre, Charles Picqué (PS), la commune n’a pas beaucoup de marge de manœuvre. "Notre échevin des Affaires néerlandophones Willem Stevens a reçu la famille et l’avocate ce mercredi. Mais les communes n’ont aucun droit pour prendre position sur les dossiers 9 bis, comme dans le cas présent. On fait office de boîte aux lettres et on transmet la demande de régularisation au secrétaire d’Etat à l’Asile. Mais nous ne pouvons pas prendre position car ce n’est pas de notre ressort."