Bruxelles

Le château Tournay-Solvay, niché dans le parc du même nom, a eu un destin des plus funestes. Ses déboires commencent en 72 lorsqu’il est vendu à des promoteurs peu scrupuleux. Il frise la démolition mais l’État le rachète in extremis. Si le domaine qui l’entoure est rapidement réhabilité et ouvert au public, le château néo-renaissance flamand, construit en 1880 à la demande d’Alfred Solvay, est lui laissé à l’abandon. Après avoir été vandalisé et pillé, un incendie criminel lui donne le coup de grâce en 1982.

Depuis, malgré les initiatives, aucun accord politique n’est trouvé pour restaurer l’œuvre de Constant Bosmans et d’Henri Vandevelde. Mais depuis peu, les choses bougent. Des travaux de consolidation, entrepris il y a un an et demi, viennent de se terminer. Le champ est désormais libre pour une restauration complète du bâtiment. La Région a débloqué un budget de 3,5 millions d’euros pour ce faire. Par ailleurs, un appel à idée a été lancé concernant la future affectation du lieu.

C’est le bureau d’architecture Ma2 qui a été chargé de la délicate réhabilitation de cet édifice classé. Concrètement, les façades extérieures, miraculeusement préservées, seront restaurées à l’identique. La toiture, elle, est totalement partie en fumée. Elle ne sera pas reconstituée (les données historiques manquent) mais fera place à une structure contemporaine en acier corten, trouée pour évoquer la végétation qui a colonisé le château durant 30 ans. Un belvédère, offrant un panorama sur le parc, sera dissimulé dans l’épaisseur de la toiture.

À l’intérieur, les rares éléments patrimoniaux qui ont échappé à l’incendie ou aux pillages seront restaurés: l’escalier en marbre de Carrare, les lambris et moulures du fumoir ou la mosaïque au rez-de-chaussée... Le reste sera gardé brut avec des apports contemporains (acier corten, verre laqué, hêtre massif). Une fois le permis obtenu, les travaux devraient durer de 14 à 16 mois.

À noter que les espèces protégées de chauves-souris qui nichent actuellement dans les caves pourront y rester.