Bruxelles

Le Chauffoir de Schaerbeek fermera ses portes vendredi sur un nouveau record de fréquentation. Environ 14.500 personnes sans-abri, mal logées ou isolées auront bénéficié de cette structure hivernale d'accueil de jour entre le 20 novembre 2017 et le 27 avril 2018, estiment jeudi le CPAS local, la Croix-Rouge de Belgique et le Foyer schaerbeekois à l'occasion de leur 7e bilan annuel. Une petite cour extérieure, quelques toilettes de chantier puis une porte ouvrant sur un local de 210 m² où, dans le brouhaha, se mêlent sans-abri, migrants, bénévoles de la Croix-Rouge et personnel du CPAS de Schaerbeek.

Le local du Chauffoir, situé rue de la Consolation et aménagé par le Foyer schaerbeekois, va fermer après 23 semaines consécutives d'accueil et une prolongation d'un mois. Il aura accueilli en moyenne 130 personnes par jour et jusqu'à 250 ces dernières semaines. Sept ans après son lancement, on est loin des 764 présences de la première saison.

"Depuis deux ans, on remarque que la population du Chauffoir change puisque, désormais, de nombreux migrants viennent également y trouver refuge pour se reposer, profiter d'un repas ou d'un peu de compagnie", explique Aline Tilquin, coordinatrice du CPAS. La présidente du CPAS Dominique Decoux estime ainsi à 75% la proportion de migrants accueillis et à 25% celle de Bruxellois sans-abri ou isolés.

La majorité sont en effet des Érythréens (38%), suivi des Éthiopiens (21%), des Soudanais (12%), des Belges (8%) et des Marocains (6%). Près de 93% sont des hommes, bien que la proportion de femmes ait augmenté de 2,1% en 2017 à 6,6% en 2018.

La petite cuisine du local aura permis de leur distribuer 3.000 litres de soupe, 6.000 pains, mais aussi du fromage à tartiner, des œufs pour leur apport en protéines, des fruits, du café, du lait et du chocolat chaud. Les 35 bénévoles de la Croix-Rouge et le personnel du CPAS leur auront également fourni une aide sociale, un accès aux soins et une oreille attentive.

"Il s'agit d'un public avec lequel il est difficile de créer du lien. Avec le Chauffoir, ils ont l'occasion de sortir de leur solitude", pointent Mme Decoux et le président du Foyer schaerbeekois Seydi Sag.

"La vraie question à présent, c'est: où vont aller tous ces gens après la fermeture?", s'interroge une bénévole. "Nous voudrions ouvrir toute l'année", confirme Dominique Decoux.