Bruxelles

Depuis quelques jours, d'étranges objets ont envahi les environs de la Gare centrale. Entre mammouths en bois, cônes ou chips géants, les candidats du concours Parckdesign 2008 se sont montrés particulièrement créatifs. Organisé par Pro Materia en collaboration avec Bruxelles-Environnement, Parckdesign vise à encourager les créateurs à concevoir un mobilier urbain novateur et convivial pour les espaces verts.

Jusqu'ici cantonné à la confidentialité des Jardins du Fleuriste, à Laeken, le concours a décidé cette année de se recentrer en exposant ces oeuvres en plein coeur de Bruxelles, à des endroits de passage où des milliers de personnes transitent chaque jour. "L'objectif est de prouver qu'il est possible d'insérer des créations à la fois belles, accueillantes et inattendues dans des lieux publics", explique Evelyne Huytebroeck (Ecolo), ministre bruxelloise de l'Environnement. Les oeuvres primées cette année ont ainsi été réparties dans trois parcs du centre de Bruxelles. Chaque lauréat a remporté un prix forfaitaire de 2000 euros et disposait d'un budget maximum de 10000 euros pour réaliser son oeuvre. Rapide tour d'horizon...

A l'entrée du Mont des Arts, "Limbe", une sorte de "chips" géante, intrigue tout à la fois touristes et employés du coin. Certains y voient un trampoline, d'autres un fauteuil, tandis que les enfants l'utilisent comme un toboggan. "C'est au passant lui-même de trouver les modes de son utilisation ", explique Jean Garcin, concepteur du projet. Pour le Polonais Pawel Grobelny, l'utilisation de son Monolit Blanc, également situé au Mont des Arts est plus limpide : s'asseoir, et plutôt confortablement. Un artiste qui a eu le mérite d'intégrer parfaitement son banc futuriste entre les haies sans avoir jamais mis un pied sur le lieu. "Je me suis inspiré de photos", explique-t-il.

Le Français Laurent Bloedt connaissait lui bien le square de la Putterie (près d'une des entrées de la gare centrale), où s'est installé "Work in progress", gigantesque banc circulaire en forme de cône. "Des milliers de gens passent ici chaque jour sans se rendre compte de l'existence de cette petite place. Ce cône géant c'est une façon de crier "Attention square !" , expose le créateur.

Pas moyen par contre de rater le parvis des Eglises Saints-Michel et Gudule, haut lieu du tourisme bruxellois. Un parvis qui compte depuis la semaine passée deux admirateurs supplémentaires, les "Jings" de Matthieu Michotte. Etranges animaux en bois, entre mammouths, élans ou taureaux, ces "Jings" ont une fonction bien particulière : permettre aux touristes et aux passants de laisser un message derrière eux. Celui-ci peut être gravé ou écrit au marqueur dans le bois tendre de ce nouveau "mammifère urbain".

A proximité des "Jings" et alignés dans la même direction que la célèbre cathédrale, les 4 bancs "Prisme" d'Annie Brasseur épatent à la fois par leur discrétion et leur côté aérien. Un beau trompe- l'oeil aussi pour les passants qui voient dans ces "Prismes", en résine, des sculptures en pierre.

Ces savants mélanges d'oeuvres d'art et d'objets utilitaires resteront dans ces différents parcs pour une période de trois ans minimum. Une période qui pourrait être prolongée si Bruxellois et touristes les adoptent définitivement.

Infos : webwww.parckdesign.be