Bruxelles Depuis 2007, ils sont 180 à avoir tenté de décrocher une accréditation pour jouer dans les stations.

Ce vendredi, la Stib organisait sa quinzième audition à destinations des musiciens désireux de pousser la chansonnette dans les stations de métro de la capitale. Et ce casting était pour le moins symbolique puisqu’il se déroulait dans le cadre du dixième anniversaire du lancement de cette initiative par la société de transports en commun.

Depuis 2007, 180 candidats se sont inscrits aux auditions, qui se déroulent dans un local du dépôt Delta. "Certains désirent jouer pour le plaisir ou pour l’argent et d’autres pour se faire connaître", nous explique Christian Kerreman, en charge de l’organisation des auditions. "Certains ont d’ailleurs fait des petits concerts ou sorti un album par la suite."

Un jury avec des membres du personnel

Kim, 29 ans, est le premier à se présenter devant le jury composé de trois membres du personnel de la Stib, dont deux musiciens. "Ce que j’aime particulièrement, c’est chanter. Après, j’accompagne le chant avec ma guitare mais je n’en joue que depuis cinq ans. L’argent n’est pas le but premier, ce que je cherche c’est à transmettre un peu de joie de vivre", confie le jeune homme.

Le candidat débute par une chanson a cappella et le jury semble conquis. "Vous n’avez jamais pensé à participer à The Voice ? Les sièges se seraient déjà retournés", lance le président.

Vient le tour d’Alexandro, 60 ans, qui propose des airs de salsa avec son accordéon. "Pour moi, la musique c’est une thérapie. Mon papa était musicien et j’ai commencé à jouer de l’accordéon quand j’étais enfant en Roumanie. Celui-ci, je l’ai acheté il y a 13 ans", indique fièrement ce passionné de musique. L’accordéon fait d’ailleurs partie des instruments le plus souvent rencontrés, suivi par le saxophone, la guitare ou encore la clarinette.

Quinze candidats par matinée

Une quinzaine de candidats s’enchaînent tout au long de la matinée mais tous ne repartiront pas avec le précieux sésame : l’accréditation d’un an leur permettant de jouer dans les stations de métro bruxelloises. "Au total, nous disposons de 111 emplacements marqués d’une clé de sol. Les stations disposent d’un, deux voire trois emplacements et pour chacun de ceux-ci, trois plages horaires existent. S’ils sont sélectionnés, ils doivent donc me dire quelle station, quel emplacement et quelle plage horaire ils souhaitent en fonction des disponibilités", détaille Christian Kerreman.

Pour rappel, cette initiative de la Stib avait été lancée dans le but d’éviter que les musiciens ne jouent dans les rames de métro. Une pratique qui reste, encore aujourd’hui, interdite.

Le quartier européen fort demandé

Parmi les 111 emplacements disponibles pour les musiciens sur le réseau de la Stib, certains sont plus prisés que d’autres. "Ce sont surtout ceux qui se situent dans le quartier européen qui sont les plus demandés, comme par exemple Schuman, Maelbeek et Merode car il y a beaucoup de passage", analyse Christian Karreman, en charge de l’organisation des auditions. "De plus, il y a aussi une forte demande autour des centres commerciaux", ajoute-t-il. D’un autre côté, certains préfèrent ne pas trop s’éloigner de leur domicile. "J’ai toujours joué à Saint-Guidon car c’est près de chez moi et j’aimerais y rester", confie Alexandro, un des musiciens présents à l’audition ce vendredi.