Bruxelles Après quatre essais, le 709e arbre de la joie a finalement été planté vers 16h45.

Si, la plupart des autres années, seuls trois essais étaient nécessaires aux porteurs du Meyboom, l’arbre de la joie, pour réussir à le planter au croisement de la rue des Marais et des Sables comme le veut la tradition, il leur aura fallu, cette fois-ci, quatre essais pour réussir cette prouesse. En effet, le 709e Meyboom a donné du fil à retordre aux porteurs et même quelques sueurs froides. L’arbre, particulièrement lourd, a tourné à plusieurs reprises sur lui-même, menaçant de tomber sur les spectateurs, qui se sont d’ailleurs écartés de quelques mètres par mesure de précaution.


C’est finalement vers 16h45 que l’arbre a trouvé sa place, sous les applaudissements des Bruxellois venus en nombre. Selon la tradition, l’arbre doit impérativement être planté avant 17h sous peine de voir le privilège de la plantation passer aux mains des Louvanistes. Pour rappel, ce grand moment de folklore bruxellois fait suite à une dispute remontant à 1213 relative aux taxes sur la bière entre Bruxelles et Louvain. Cette bataille, remportée par les Bruxellois, leur donna le privilège de planter le Meyboom chaque 9 août.

"C’est un arbre qui symbolise la joie et la paix. Au sein des différentes confréries présentes aujourd’hui, nous sommes tous très soudés. On essaie de transmettre cette tradition à nos enfants et certains d’entre eux passent la journée avec nous", sourit Raymond, qui prend part au cortège depuis près de 25 ans.

Avant d’arriver à ce croisement symbolique, le Meyboom est passé par la rue Neuve et la place de la Monnaie pour, enfin, rejoindre la Grand-Place. L’occasion d’un véritable cortège en fanfare qui accueillait cette année un invité d’honneur : le Caou de Merville porté par un groupe folklorique originaire du nord de la France. Ce géant, à l’effigie d’un chat, mesure près de 5 mètres de haut pour 125 kilos.

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"Nous avons dû le faire venir avec un camion", confie le président de l’association des amis de Caou, Bernard Moffelein. "Le chat va fêter ces 20 ans dans trois ans. Nous sommes déjà venus à deux reprises à Bruxelles à l’occasion de la Fête nationale mais c’est la première fois que nous prenons part au Meyboom et c’est un réel honneur. Les Bruxellois savent s’amuser et il y a énormément de monde présent malgré le fait que ça soit un jour de semaine."

Il est vrai qu’aujourd’hui encore l’événement suscite toujours autant d’engouement. Un hommage particulier a d’ailleurs été rendu à Boule, cet homme qui est venu, pour la 50e fois, hisser fièrement le drapeau belge sur l’arbre de la joie. Un drapeau sous lequel les Bruxellois ne sont pas privés de zwanzer.

Le bourgmestre fidèle aux Gardevils

Si ses prédécesseurs Freddy Thielemans et Yvan Mayeur avaient mobilisé leurs bras pour porter l’arbre de la joie, le nouveau bourgmestre Philippe Close (PS) a décidé de faire l’impasse. La raison ? Ce dernier a décidé de rester fidèle au groupe des Gardevils, dont il est l’un des fondateurs. Pour rappel, les Gardevils, vêtus de bleu, assurent la sécurité de l’arbre durant ses déplacements alors que le groupe des Buumdroegers, et leur costume rouge, se charge, tout simplement, de le transporter. "Il faut savoir que le fait que les bourgmestres portent le tronc n’était pas une tradition. Avant Freddy Thielemans, qui était lui-même un Buumdroeger, personne ne le faisait", précise Philippe Close, vêtu de son plus beau costume.

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