Bruxelles

Créé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1910, le Musée royal de l’Armée retrace dix siècles d’histoire militaire au travers des nombreux objets rares qui y sont exposés. Des armures médiévales, des armes à feu, des armes blanches et des uniformes y côtoient une impressionnante collection de chars et d’avions. Avec 200 000 visiteurs par an, ce Musée constitue un atout pour le tourisme en Région bruxelloise.

Mais de récentes orientations de gestion inquiètent le député fédéral Gautier Calomne (MR). Alors que l’entrée a toujours été gratuite, le Musée royal de l’Armée deviendra payant au mois de janvier prochain. Le montant d’entrée de base s’élèvera normalement à 5 €. Le parlementaire libéral craint que ce passage de la gratuité à une tarification généralisée nuise au pouvoir d’attraction du musée. "Le nombre de visiteurs pourrait baisser fortement, ce qui serait dommageable pour la visibilité et l’accessibilité de notre patrimoine ainsi que pour le tourisme bruxellois", estime-t-il.

L’autre élément qui tracasse Gautier Calomne concerne la collection de blindés. Alors qu’une cinquantaine de véhicules blindés et de chars de combats étaient autrefois exposés dans la cour carrée du musée, ces pièces de collection sont désormais éparpillées sur deux autres sites plus confidentiels : tous les éléments relevant de la Seconde Guerre mondiale ont été envoyés à Bastogne où ils ne sont visibles qu’à certaines heures tandis que les engins datant de la guerre froide sont, quant à eux, conservés à Braaschaat. "Avec cette dispersion géographique et ces horaires très particuliers, il devient donc compliqué d’admirer l’ensemble de la collection. Pour profiter de ce patrimoine, le grand public et les touristes doivent transiter par trois pôles, ce qui n’est pas évident", déplore Gautier Calomne.

En mauvais état

Enfin, ce dernier estime que le Musée de l’Armée ne se trouve actuellement pas dans son meilleur état. La cour carrée du Musée est fermée au public. Cette dernière est dans l’attente d’une remise en état qui doit permettre d’exposer les véhicules dans de bonnes conditions. "Cependant, le chantier n’a pas encore été achevé. Alors qu’il devait se terminer en théorie en 2013, l’ouverture est maintenant annoncée pour 2016", indique Gautier Calomne.

Bien qu’il siège au sein de la majorité, le libéral interpellera le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) sur ces différents problèmes mercredi prochain au parlement. Il fera également part de ses pistes de solution. "Pour ce qui est de la nouvelle tarification, pourquoi ne pas offrir la gratuité d’accès le premier dimanche du mois comme cela se fait en Fédération Wallonie Bruxelles ? Quant à la collection de blindés, une solution consisterait en une exposition tournante du matériel à travers les trois pôles", avance-t-il.