Bruxelles Graffitis et fresques murales se sont multipliés ces dernières années.

Je trouve qu’il y a de plus en plus de graffitis et de fresques murales par rapport à il y a dix ans à Bruxelles. Une ville sans graffitis, c’est une ville morte qui me ferait peur", explique Thil, 24 ans. "On est dans une période où le street art est super à la mode. Le graffiti, pour moi, c’est une trace dans la ville. Un tunnel de gare où il y a des tags sera toujours beaucoup plus rassurant à mes yeux qu’un autre sans rien du tout. Cela veut dire qu’il y a du passage, de la vie", explique Caroline, 31 ans. C’est ainsi que ces deux passionnés de graffitis ont expliqué la visite guidée graffiti et street art qu’ils organisaient ce samedi dans le long du Canal.

Pour la 70e fois depuis sa création en 2015, l’ASBL Fais le Trottoir a donc organisé ce samedi après-midi une visite guidée permettant aux participants d’apprendre à un peu décoder les innombrables dessins recouvrant les murs de la capitale et qui sont autant de signatures et de messages différents. Une balade de deux heures durant laquelle les organisateurs ont fait un bref historique de ce mouvement artistique urbain, passant en revue quelques-unes des techniques de travail et des mécanismes propres qui lui sont propres. Ce week-end, c’est le long du Canal, sur le quai des Péniches et l’avenue du Port, que la visite, qui affichait sold-out depuis quelques jours, s’est déroulée.

Les lettres compliquées de Denis Meyers

"Les lettres que vous voyez au-dessus des dessins ont été rajoutées ultérieurement par Denis Meyers. Il fait ici des lettres très compliquées", lance, au début de la visite, Thil à son groupe du jour, alors que la rive d’en face est recouverte par d’immenses fresques murales. D’immenses graffitis ayant permis de recouvrir de couleurs chatoyantes des abords du canal jusqu’alors sinistres et laissés à l’abandon, et dont la réalisation remonte à 2015. Dans le cadre du festival Kosmopolite Art Tour, plus de 30 street-artistes belges avaient alors réalisé plus de 2.000 m² de fresques murales collectives.

Le crew bruxelloisRalers, 42NA, Oli-B, Denis Meyers, Parole ou encore Dawa sont quelques-uns des artistes ou collectifs de grapheurs que les visiteurs de samedi ont en tout cas pu observer. "C’est déjà la troisième visite à laquelle on participe à Bruxelles. Les deux premières fois, c’était à Ixelles et Forest", sourit un couple de Liégeois. Alors que la Ville de Bruxelles a prévu l’installation prochaine d’une quarantaine de nouvelles fresques murales, les occasions de revenir admirer de nouvelles créations ne manqueront pas dans les années à venir.