Bruxelles Neuf licenciements sont annoncés dans cette institution de la rue des Bouchers.

Un doux parfum de crise règne aux Armes de Bruxelles, le célèbre restaurant de la rue des Bouchers, dans le centre-ville ! En juin dernier, la société du richissime homme d’affaires Aldo Vastapane a racheté l’établissement qui appartenait, depuis 2007, au groupe Flo, propriété d’Albert Frère. La gestion a été confiée aux frères Beyaz qui possèdent plusieurs établissements, dont les Brasseries Georges.

Mais aujourd’hui, la situation du personnel semble intenable. "Le personnel est à bout de nerfs car la direction veut réduire la masse salariale, entraînant de facto une surcharge de travail. De plus, les employés sont systématiquement payés en retard ! Du côté des fournisseurs, certains ne sont tout simplement plus payés, ce qui engendre des conditions de travail exécrables à cause des retards de livraison", s’insurge Christian Bouchat, secrétaire régionale de la FGTB pour l’Horeca bruxellois. "Exemple concret : Proximus a un temps coupé les lignes téléphoniques pour non-paiement de facture !"

Cette institution bruxelloise existe depuis 1921 et a toujours été tenue de main de maître par la famille Veulemans. Mais aujourd’hui, l’établissement enregistre une baisse de son chiffre d’affaires. "Nous avons d’abord été victimes du piétonnier et ensuite des attentats, explique un délégué syndical aux Armes de Bruxelles. Mais maintenant, le restaurant est également victime de la gestion catastrophique de la nouvelle direction, qui n’a même pas été présentée au personnel, et nous avons appris ce mercredi que 9 membres du personnel seront prochainement licenciés."

Selon le délégué syndical, le restaurant s’est déjà séparé de nombreux employés depuis la reprise de l’établissement par le groupe d’Albert Frère en 2007. "Ils ont drastiquement augmenté les prix, réduit la carte, en réduisant également la qualité des produits proposés en proposant des produits industriels alors que le créneau du restaurant a toujours été de proposer des produits faits maison", ajoute le délégué syndical qui déplore le manque de respect de la direction envers le personnel. "Certains sont depuis 30 ans dans cette maison, et ils connaissent parfaitement l’établissement ! C’est scandaleux de les traiter de la sorte."

Des grèves, à l’instar de celle de juin dernier, pourraient encore avoir lieu. Nous avons contacté la direction de l’établissement qui s’est abstenue de tout commentaire.