Bruxelles

C'était un prolongement écrit dans les astres ", Didier Gosuin (MR-FDF), le bourgmestre d'Auderghem aura attendu depuis longtemps cette prolongation de la "grande rocade Est", incarnée par le tram 94. Depuis l'octroi du permis d'urbanisme en décembre 2007, cet allongement vers Woluwe est enfin devenu une réalité.

Bloqué à Herrmann-Debroux, le tram 94 va voir sa ligne agrandie de 3 kilomètres, soit jusqu'au Collège Jean XXIII sur le boulevard de la Woluwe, d'ici 2010. Ensuite il continuera son incursion à Woluwe (via Roodebeek et le Shopping) pour arriver à l'avenue Marcel Thiry et ses nombreux bureaux en 2013. De là, le 94 ne sera qu'à une jetée de rails de Zaventem et de l'aéroport de Bruxelles-National. Ce qui donne des idées à Didier Gosuin. " Il faut pousser cette logique jusqu'au bout et prolonger la ligne jusqu'à l'aéroport. J'encourage d'ailleurs les différents responsables du dossier à déployer un maximum d'énergie pour obtenir un accord de principe avec la Région flamande." Didier Gosuin rêve ainsi d'un tram en "site propre" ( "à condition de le faire "sortir" des embouteillages quotidiens de la rue Buyl ") reliant le haut de la ville à Zaventem d'ici 2015-2020.

Mais nous n'en sommes pas encore là. Et pour l'heure les regards sont tournés vers les premiers kilomètres de ce chantier, que tant le bourgmestre d'Auderghem que celui de Woluwe-Saint-Pierre trouve "cohérent" . Pour Willem Draps (MR) qui a soutenu le projet avec " grand enthousiasme" , Cette "ligne de ceinture" permettra de compléter le maillage du territoire, en reliant, par exemple, la future gare RER de Boitsfort à des stations de métro telles que Herrmann-Debroux ou Roodebeek.

"Des travaux d'envergure"

Même son de cloche pour Pascal Smet (SP.A), ministre de la Mobilité à Bruxelles. "On reproche souvent à la Région bruxelloise de ne pas montrer assez d'audace. Nous prouvons ici le contraire." Favoriser le tram dans cette partie de la ville était une solution "judicieuse" selon le ministre. "Il existe un faux débat entre savoir s'il faut favoriser le métro ou des lignes de tram dans la Région. Chaque cas est différent."

Mais revenons au chantier qui devrait voir le jour dans les prochaines semaines et mobilisera quelque 27,5 millions d'euros pris en charge par Beliris. "Ce sont des travaux d'envergure que nous avons divisés en huit zones , explique le directeur-général de la Stib, Alain Flausch qui veut faire d'une pierre deux coups. Le prolongement de cette ligne est aussi l'occasion de reprofiler la voirie de manière à réduire la vitesse de circulation."

D'autre part, la piste cyclable existante sera réaménagée et les tronçons manquants complétés "de manière à créer un cheminement vélo ininterrompu et sécurisé y compris aux carrefours". Les piétons ne sont pas oubliés dans le projet puisque les trottoirs vont être totalement transformés. "La sécurisation des traversées piétonnes est également prévue" , explique-t-on à la Stib.

Le chantier profitera à diverses entreprises d'utilité publique (Sibelga, Vivaqua,...), qui vont réaliser des travaux d'adaptation de leurs installations situées sous les trottoirs de la chaussée. Histoire de ne pas ouvrir la voirie plusieurs fois. Le principe du maintien de places de stationnement au centre du boulevard est par ailleurs maintenu dans la plupart des secteurs.

Tout comme lors des récents travaux de la prolongation de la ligne entre Wiener et Herrmann-Debroux, la circulation risque d'être particulièrement perturbée durant ces deux prochaines années. "Au moins une voie de circulation dans chaque sens restera accessible pendant toute la durée du chantier ", rassure-t-on à la Stib. Dans cette même optique, l'aménagement des principaux carrefours (Wavre, Tervueren,...) est programmé au cours des périodes de vacances durant lesquelles le trafic est moins dense.