Bruxelles

Le tunnel Stéphanie à Bruxelles restera fermé au moins un an, a indiqué vendredi l'agence Bruxelles Mobilité. Cette décision intervient à la suite d'une étude de stabilité approfondie réalisée cette semaine avec un bureau d'étude externe, Egis. Lors d'inspections réalisées début janvier dans le tunnel, Bruxelles Mobilité a identifié des fissures au niveau du plafond. Afin de prévenir toute chute de blocs, un décapage du béton a été effectué. Ces interventions ont révélé que l'armature du plafond est fortement corrodée et que l'enrobage en béton se fissure.

Le rapport de l'étude approfondie a mis en évidence des risques de perte de stabilité et de chute d'éléments sur la chaussée. Ces risques sont localisés dans la partie nord, entre la trémie côté Poelaert et la naissance de la bretelle Stéphanie. Les armatures, corrodées, sont mises à nu sur des surfaces importantes et ne peuvent plus participer idéalement à la résistance de la structure. La vulnérabilité en cas d'incendie est très forte. Le tunnel Stéphanie est composé dans sa partie nord d'une structure en béton armé et dans sa partie sud, de la naissance de la bretelle Stéphanie jusqu'à la trémie côté Bois de la Cambre, d'une voûte en béton non armé.

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Avant toute réouverture, la structure du tunnel devra être fortement renforcée. Une rénovation profonde est nécessaire et les études d'ingénierie préparatoires sont en cours. Des travaux de stabilisation de l'ouvrage sont d'ores et déjà entamés. L'ensemble des interventions s'étalera sur minimum un an.

Mesures d’accompagnement

Vu la durée de la fermeture envisagée pour le tunnel Stéphanie, Bruxelles Mobilité travaille actuellement en concertation avec les zones de police, les communes et un bureau de mobilité externe afin de proposer plusieurs mesures pour fluidifier la circulation et le passage des transports publics.

En attendant, les conseils suivants restent d’application :

  • trafic de transit : éviter de circuler dans le quartier Louise
  • privilégier le covoiturage et les transports en commun dans cette zone (les usagers peuvent trouver un partenaire de covoiturage sur www.carpool.be)
  • utiliser les déviations sur les grands axes suivants : entrée en ville via la rue de la Loi ou Gare du Midi et sortie de ville via Belliard ou Gare du Midi

Bruxelles Mobilité mettra tout en œuvre afin de limiter au maximum la durée des travaux.


"Le résultat de l'incompétence des gouvernements successifs"

La fermeture annoncée pour au moins un an du tunnel Stéphanie à Bruxelles est, selon Touring, le résultat de l'incompétence des gouvernements successifs qui n'ont pas mobilisé les budgets nécessaires à la mobilité et aux infrastructures". Pour le porte-parole de l'organisation Danny Smagghe, "la gestion de la mobilité à Bruxelles en est nulle part". Touring réclame la mobilisation des fonds nécessaires pour la construction des parkings de dissuasion, l'extension du métro et la synchronisation des feux de signalisation. Touring précise que ces propos durs ne sont pas exclusivement adressés au gouvernement bruxellois. La tournée d'inspection des tunnels de la capitale a eu lieu bien trop tard, et la situation actuelle est due à des années de sous-investissements dans les transports et les infrastructures, estime l'association. "La situation que nous vivons aujourd'hui est préjudiciable pour l'image de Bruxelles et la vie économique de notre capitale" ajoute M. Smagghe.

Selon le porte-parole de Touring, la zone piétonne du centre-ville de Bruxelles ne devait jamais être ouverte, car cela a amené un important trafic supplémentaire sur la petite ceinture. Il plaide dès lors pour un moratoire sur les fermetures et rétrécissements d'artères de la capitale et appelle à enfin consentir les investissements bien nécessaires dans les transports et les infrastructures.

"D'autres villes européennes montrent que cela est possible. Regardez à Madrid, où toute la circulation de transit se fait en sous-sol. Ce projet a certes coûté 3 à 4 milliards d'euros, mais le résultat est là", affirme M. Smagghe.


Boris Dilliès (MR): "C'est le début d'une série noire"

La décision de fermer pendant au minimum un an le tunnel Stéphanie est uniquement due à l'absence d'entretiens réguliers de l'ensemble des tunnels bruxellois au cours des dix dernières années, a affirmé vendredi le député bruxellois MR Boris Dilliès qui préside la commission de l'Infrastructure du parlement régional. "C'est le début d'une série noire. Va-t-on assister à la fermeture successive des différents tunnels routiers de la Région bruxelloise? C'est apparemment l'objectif affiché de certains membres du Parti Socialiste. Faute d'avoir entretenu l'outil, on le supprimerait. Mais ces derniers oublient que des travailleurs n'ont pas d'autres choix que de prendre leur voiture pour se rendre à leur lieu de travail", a commenté l'élu libéral, réagissant à la décision prise par Bruxelles Mobilité.

Pour Boris Dilliès, "il faudra, quoi qu'il en soit, d'une part, modifier le plan de circulation local et, d'autre part, augmenter l'offre de transports en commun, durant la durée de la fermeture du tunnel Stéphanie".

Sur son compte Twitter, celui-ci a par ailleurs estimé qu'il était "temps que le ministre bruxellois de la mobilité prenne ses responsabilités et envisage sa démission". Le chef du groupe MR Vincent De Wolf a quant à lui demandé "l'audition, sans délai, de la direction de Bruxelles-Mobilité devant le Parlement bruxellois".