Bruxelles

Le projet de transformation de la rue de la Loi et de ses abords à l’horizon 2025, proposé par le lauréat de la Région bruxelloise et de la Commission européenne, a bénéficié d’un accueil plutôt favorable au sein des associations de l’environnement de la capitale. Celles-ci ont toutefois demandé vendredi la reconversion des bureaux quittés par la Commission en logements abordables.

Des bâtiments durables

Le bureau de Christian de Portzamparc, que la Région et la Commission viennent de désigner parmi cinq candidats, propose de transformer cette rue corridor en une artère ouverte, aux abords plus aérés et de varier davantage le volume et la hauteur des futures constructions, pour tourner résolument le dos au passé. Le commissaire européen Sim Kallas, et le ministre-Président Charles Picqué ont fait part, il y a une semaine, de leur volonté de faire ainsi du quartier européen de la capitale un vrai quartier mixte s’intégrant bien plus qu’aujourd’hui dans la ville et d’en faire un exemple en matière d’environnement.

Pour faire face à l’élargissement de l’Union européenne, la Commission veut renforcer sa présence dans ce quartier et développer d’un à trois pôles plus réduits, ailleurs dans la ville.

Sa vision de la transformation du quartier européen "historique" intègre 400 000 mètres carrés de bureaux (230 000 m2), de logements (110 000 m2), de commerces et d’équipements collectifs (60 000 m2) supplémentaires. L’Atelier Christian de Portzamparc propose de réduire drastiquement l’espace réservé aux voitures, en projetant le retour d’une ligne de tram en surface et en site propre au beau milieu de la rue de la Loi. "Fort bien", se sont réjouis vendredi l’Atelier de recherche et d’action urbaines, Inter-Environnement et son pendant flamand, le BRAL, ainsi que plusieurs associations d’habitants dans une réaction commune. Pour eux, cette vision cadre avec les grandes orientations d’urbanisme et d’impératifs environnementaux privilégiés dans toutes les villes européennes depuis dix ans.

Les associations ont toutefois insisté pour que les bureaux abandonnés par la Commission européenne pour concentrer ses multiples services dans de nouveaux ensembles soient reconvertis en logements abordables, comme prôné par le ministre-Président bruxellois Charles Picqué dans le schéma directeur élaboré pour le quartier. "Rien, dans les déclarations de Charles Picqué, ne permet cependant de confirmer que cette disposition sera bien appliquée", ont-elles souligné vendredi. A leurs yeux, il ne peut être question de construire des parkings supplémentaires. Ce qui remettrait en cause la promesse du gouvernement bruxellois de faire du quartier européen un quartier exemplaire sur le plan de l’environnement. Enfin, qui dit quartier durable, dit bâtiments durables. "La Commission européenne doit exiger que les nouvelles constructions soient conçues pour durer un siècle et non vingt ans" , ont-elles conclu.