Bruxelles

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement flamand se penche sur son "Vlaamse Rand", soit les 19 communes flamandes entourant Bruxelles. En cette période de négociations institutionnelles, cet intérêt semble même s’accroître. La dernière étude en date, celle de Greta Sienap - qui y analyse l’évolution des prix en matière de logement - révèle que les six communes à "facilités linguistiques" (Kraainem, Drogenbos, Linkebeek, Wemmel, Rhode-Saint-Genèse, Wezembeek-Oppem) connaissent une situation "particulière" au sein du "Rand".

L’étude explique, entre autres, que la densité de population y est plus élevée dans ses six entités (1362 habitants/km2) et que les terrains à bâtir deviennent de véritables pépites d’or. En 2009, on a ainsi vendu, dans les communes "à facilités", seulement le cinquième des terrains adjugés durant l’année 1985. La demande est pourtant là, ce qui explique aussi que le prix du mètre carré à bâtir y ait quadruplé depuis quinze ans, explique l’étude.

Les maisons unifamiliales connaissent aussi la pression immobilière. Leur prix moyen de vente est monté, en 2009, à 270000 euros (contre 235000 euros pour l’ensemble du "Rand" et 185000 euros pour le reste de la Flandre). Soit des chiffres 2,5 fois plus élevés qu’en 1995. Greta Sienap explique cette flambée de prix par la "forte influence" de Bruxelles sur les communes qui l’entourent. Selon elle, le "Rand" tout entier attire de plus en plus de jeunes ménages en provenance de la capitale - "la plupart non néerlandophones et avec des revenus aisés" - qui influencent fortement ces prix. Et qui favorisent "l’exil" de la population locale vers d’autres entités de Flandre, plus accessibles financièrement.

Le "Rand" est ainsi "de moins en moins flamand". Mais pas spécialement plus francophone pour autant, puisque ce sont surtout des étrangers - essentiellement des Européens aux revenus confortables d’après l’étude - qui rachètent ou louent ses maisons unifamiliales.

Conséquence de ces nouvelles arrivées : le revenu moyen de l’ensemble du "Rand" est devenu 22 % plus élevé que la moyenne belge. Les prix des loyers y sont aussi largement supérieurs, surtout dans le sud-est, comme à Overijse, Kraainem, Rhode-Saint-Genèse et Wezembeek.

Mais paradoxalement, si le nombre de "villas" reste très élevé (21 % du total des habitations) dans le "Rand", il est aussi en constante baisse. Les appartements y gagnent, par contre, de l’espace chaque année. Même dans les communes à facilités où ce type de logement représente désormais un cinquième du total des habitations. Car l’étude explique aussi que tous les nouveaux habitants du "Rand" provenant de la capitale ne croulent pas sous l’or. "Il y a aussi un afflux de Bruxellois moins fortunés et d’origine immigrée vers les habitations moins chères du Vlaamse Rand", explique Greta Sinaep. Et notamment vers les communes de Vilvorde et Machelen qui restent les plus accessibles financièrement.

Mais la demande en logements sociaux (et les listes d’attentes) a augmenté sensiblement dans toutes les communes de la périphérie bruxelloise. "Le besoin est estimé à 7 340 logements sociaux dans le Rand. Or il n’y en a que 7000 et ce nombre ne s’accroît qu’au compte-gouttes depuis 2002", explique Greta Sienap qui pointe du doigt les communes à facilités, où "seulement" 700 logements de ce type sont proposés sur l’ensemble du territoire des six entités.