Bruxelles

L'hôpital Saint-Pierre, rue Haute, à Bruxelles, affiche une croissance annuelle de 4,5 - 5 pc. Un beau score néanmoins terni par l'augmentation récurrente des factures impayées. Une charge qui coûte cher au CPAS de la Ville de Bruxelles.

En 2004, ces créances douteuses lui ont coûté 845350,84 euros. Sur 20396 factures, 909 n'ont pas été réglées, soit 4,5 pc des factures traitées par le CPAS bruxellois. Ce dernier gère en effet les factures des minimexés, celles des personnes n'ayant pas de couverture sociale (les illégaux notamment), et celles des personnes n'ayant pas droit à l'aide du CPAS pour cause de revenus tout juste supérieurs aux barèmes.

«C'est cette dernière catégorie qui nous pose problème, assure le président du CPAS de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS). Pour les minimexés, le CPAS et l'Etat prennent chacun une part de la facture à leur charge. Pour les illégaux, l'Etat paye. Mais pour les autres, tout est à charge du CPAS.» Lequel dispose donc d'un service contentieux de plus en plus important. Service qui se voit même parfois obligé d'abandonner certains dossiers.

Norme Iris dépassée

«Nous sommes obligés de prévoir 3 pc, soit cinq millions d'euros par an, de notre budget global rien que pour ces créances douteuses, poursuit le président du CPAS. C'est deux fois plus que la norme Iris (NdlR: du nom du réseau des hôpitaux publics bruxelloise). Le pire est que cela est insuffisant.»

Les autres hôpitaux publics du réseau Iris situés sur le territoire bruxellois font face à cette même augmentation. Mais leur situation est loin d'être aussi grave qu'à Saint-Pierre. A Jules Bordet le montant à charge du CPAS grimpait à 45577,85 euros en 2004. C'est moins qu'en 2003 (55190,54 euros), mais largement plus qu'en 2001 et 2002.

L'hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola subit lui aussi une poussée de fièvre, mais elle s'annonce pour 2005. Le bilan de l'an passé n'est pas encore terminé qu'il dépasse déjà de 5000 euros celui de 2004 (56966,59 euros). Le montant des factures impayées y est par contre en large décroissance par rapport aux années 2001 (116983,93 euros), 2002 (207489,57 euros) et 2003 (125352,81 euros).

Assainissement à Brugmann

Les créances douteuses de l'hôpital Brugmann ne sont pas disponibles, car l'entité fait face à un nouveau plan d'assainissement financier.

Pour Yvan Mayeur, la seule solution est globale. Elle consiste à augmenter les salaires. «Il n'y a pas de miracle. Quand on gagne 1100 ou 1200 euros par mois, on ne peut pas être malade. En tous les cas, on doit faire très attention.»

© La Libre Belgique 2006