Bruxelles

Alors que la grande majorité des Bruxellois ont pris l’habitude de glisser quelques pièces dans les horodateurs et de payer une amende en cas d’oubli, d’autres citoyens parviennent encore - pour l’instant - à échapper à cette obligation. Il s’agit de personnes qui vivent en Région bruxelloise mais qui n’ont pas fait les démarches pour obtenir une plaque d’immatriculation belge, ce qui est pourtant obligatoire. Pour l’heure, les communes sont très peu armées pour forcer les plaques étrangères à payer leurs redevances…

À la Ville de Bruxelles, on voit d’un bon œil la possibilité d’immobiliser les voitures des mauvais payeurs. "Utiliser des sabots comme à Paris ou à Amsterdam, on y est favorable. Le problème c’est qu’on ne peut pas le faire. Il faudrait un cadre juridique au niveau fédéral pour cela. On en fait la demande, depuis plusieurs années déjà, au secrétaire d’État à la Mobilité, mais rien ne bouge !", commente-t-on au cabinet du bourgmestre, Freddy Thielemans (PS).

À Schaerbeek, on n’a pas attendu une décision du fédéral pour passer à l’action ! La commune a posé les premiers sabots en octobre dernier. À l’époque, seules 15 % des plaques étrangères payaient leurs amendes et certains propriétaires accumulaient jusqu’à 35 redevances impayées. "Il est encore trop tôt pour dresser le bilan de cette politique. On pose environ un sabot par semaine, uniquement sur les personnes répertoriées comme étant multirécidivistes (NdlR : à partir de 20 amendes non-payées) et on fait payer une bonne partie de la somme due au moment de récupérer la voiture", indique-t-on au cabinet de l’échevin du Stationnement, Denis Grimberghs (CDH).

À Ixelles aussi, on peste sur les plaques étrangères qui ne payent pas leurs prunes. Les spécialistes en la matière sont les Français (ils représentent 12 % de la population de la commune). "Il y a environ 15 000 redevances de Français impayées par an", déplore Thomas Bimson, administrateur-délégué de Vinci Park.

Pourtant, il existe théoriquement un recours puisque depuis le 30 juin 2012, un accord bilatéral entre la France et la Belgique pour échanger les données en matière d’infraction routière a été conclu. "Le problème c’est que la DIV traîne à mettre son service informatique en règle. Il n’est pas encore opérationnel", critique Thomas Bimson qui prévient : "85 % des plaques étrangères sont françaises à Ixelles. La grosse majorité ne paye pas ses redevances. Lorsque le système sera opérationnel et que certaines personnes vont se retrouver avec 100, voire 150 redevances d’arriérés, cela risque de faire très mal. Ensuite, on s’attend à ce que les comportements changent assez rapidement."